• J'aime le savoir là, tout près, sans être là vraiment. Prêt à bondir pour un baiser. Son existence en parallèle de la mienne m'apaise. Je sais qu'il est là, qu'il compte pour moi. Mais je n'arrive pas à lui donner une vraie place, celle qu'il attend. A la maison, je jongle entre mes sentiments d'indifférence, d'angoisses, et de plaisirs partagés en famille. Je n'arrive pas à renoncer à tout ça, après tant d'années de sacrifices, de concessions... Je me recentre sur des plaisirs simples. Je suis (presque) heureuse quand je sais que je vais passer la soirée ou l'après-midi seule pour cause de foot ou d'autre chose. J'en profite pour lire, surfer, prendre un bain, m'occuper de moi.

    De temps en temps, mon esprit se pose et s'interroge. Faut-il laisser la vie couler ainsi ? Si je ne suis jamais partie, c'est que "tu n'es pas prête pour ça et ne le sera peut-être jamais" m'a soufflé une amie. Je cherche l'équilibre. Parfois je le trouve. Parfois tout dégringole. Ma force, ce sont mes bouts de chou. Parfois, c'est l'homme qui s'interroge car il ne me sent plus totalement LA. Je vis à ses côtés aujourd'hui comme j'ai eu le sentiment qu'il vivait à mes côtés toutes ces années où je passais toujours après tout le reste. Maintenant, j'essaie de penser à moi avant tout, juste après les enfants s'entend.

    Imposer à l'autre ce qui nous a fait souffrir si longtemps, je sais, c'est pas une solution. Mais je ne fais pas EXPRES. Je n'arrive juste plus à faire autrement. Et j'avoue que parfois, lorsqu'il s'en plaint, j'ai presque envie de rire en pensant que moi aussi j'ai vécu ça et que ça l'a laissé totalement indifférent toutes ces années. Alors je ne vois pas pourquoi, ni comment sa "souffrance" devrait me toucher. Tout comme la mienne l'a laissé indifférent tout ce temps.

    C'est curieux la vie.

    Allez, je pars profiter de ma solitude pour bouquiner un peu avant que la dernière ne se réveille de sa sieste.

    A bientôt...


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  • A la question :
    "Quand faut-il partir ?"


    Le Dalaï Lama répond invariablement :
    "Quand la somme des souffrances est supérieure à la somme des bonheurs."




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  • Il est des jours comme ça, comme celui-ci, comme aujourd’hui… Des jours où ce sentiment diffus d’angoisse m’envahit doucement, discrètement, jusqu’à peser de tout son poids sur mon cœur fatigué. Je ne sais pas pourquoi, quel événement, quel mot en est à l’origine. Je ne sais pas pourquoi maintenant, mais c’est ainsi. Je me lève avec cette curieuse nausée de tout, avec cette lassitude collante dont je ne sais comment me défaire. Elle est là. J’essaie de sourire, mais j’ai envie de pleurer. Je regarde le verre à moitié plein, mais je ne le vois pas vraiment. J’essaie de me réjouir du moindre détail heureux, mais la pluie, le gris et la fatigue me harcèlent.

    Peut-être parce que dés que j’essaie d’être simplement moi, ça ne colle pas. Dire ce que je suis, ce que je pense, ce que je ressens en contradiction avec ses attentes, provoque systématiquement une attitude agressive de sa part que j’ai du mal à supporter. Avouer que, oui, les travaux actuels ne m’intéressent pas. Et alors ? Seul le résultat compte et je n’ai plus envie de faire semblant de m’enthousiasmer d’une journée entière passée à déverser des seaux de béton dans des trous. Pour lui, c’est renier ses efforts. Pour moi, c’est juste en avoir assez de tout ça et vouloir concentrer mon attention sur autre chose « en attendant que ça se termine enfin », si ça se termine un jour, ce dont je commence sérieusement à douter.

    Je regarde ma vie et je me sens au bord du précipice. Faut-il continuer ainsi ? La récompense de tous ces efforts, ces années de sacrifices viendra t’elle enfin ? J’idéalise certainement. La vie dans le genre « petite maison dans la prairie » n’est de toute façon pas vraiment faite pour moi, bien que je l’appelle de tous mes vœux, parce que c’est un modèle auquel je suis attaché, ancré dans ma peau, dans ma tête. Et pourtant en parallèle, j’entends le chronomètre tourner, l’horloge afficher les heures, les jours, les années qui défilent, gâchée à attendre en vain un tas de choses auxquelles j’ai fini par renoncer. Se dire que toutes ces choses existent pourtant, sont possibles peut-être, mais qu’il faudrait pour cela faire encore des sacrifices, franchir de nouvelles barrières, s’affranchir du poids des convenances… pour n’être pas certaine de trouver au bout de tout cela ce que j’espère vraiment. Alors à quoi bon ? Mon angoisse est là. Elle se balance entre deux mondes, deux vies, deux envies contraires. Vivre un bout des deux, mais aucune à fond, au fond, ce n’est peut-être pas la meilleure solution…


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  • Prévoir une séance de hammam avec une copine un mois avant pour que l'homme soit disponible pour garder les enfants. Se retrouver finalement avec les beaux-parents dans les pattes puisque l'homme a du aller jouer au foot (alors qu'il est censé avoir arrêté et ne faire que quelques matchs pour dépanner. Pas de bol, ce samedi, il fallait "dépanner"). Se confronter à un mur d'incompréhension quand je dis que cela ne me convient pas. "Pourquoi donc puisque je ne t'empêche pas d'y aller, je me débrouille pour que les petits soient gardés non ?".

    Profiter de nos soins, mais culpabiliser ensuite de prendre un peu plus de temps que prévu pour faire quelques boutiques avec ladite copine. Rentrer et gérer les deux enfants qui s'excitent. Ruminer un petit coup et perdre tout le bénéfice de ce moment de détente en quelques minutes. Recommencer... C'est un enfer ou bien c'est moi qui exagère ?


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  • Grâce à lui, j'apprends à mieux me connaître. Mes hauts et mes bas, sont intimements liés à ma personnalité toute en contrastes. Grâce à lui, j'apprends à mieux m'accepter. Même mes doutes, je peux les apprivoiser. Un jour il est l'homme idéal, le lendemain un simple ami. Mon coeur bat, puis se tait. Plus je monte haut dans l'émotion, plus la chute est rapide. C'est ainsi. Ca ne l'étonne pas. Ca ne le fait pas souffrir. Il m'accepte telle que je suis. Mes hauts nous font partager de doux instants de fusion, mes bas lui donnent envie de me reconquérir sans cesse. Je complète sa propre personnalité, qui a besoin de se confronter à des changements perpétuels pour rester éveillée. Il s'ennuie face à des personnalités trop lisses. Avec moi, il est servi. Je change d'envie, d'avis, de besoins sans cesse. J'aime et je me lasse dans une même journée.  Je suis ainsi. J'en ai beaucoup souffert à force d'essayer de me stabiliser, de lisser les choses pour moins déranger. Aujourd'hui je suis de plus en plus moi... Et c'est beaucoup grâce à lui.


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