•  

    L'autre, cet éternel inconnu

     

     

    Comme il est étrange de voir à quel point l’autre peut devenir subitement un inconnu.

    Après 24 ans de vie partagée, trois ans et demi de procédures à se déchirer, cela fait maintenant 6 mois que je n’ai plus aucun contact -ni visuel, ni verbal - avec mon ex, en dehors de quelques rares mails concernant la logistique des enfants. Ne plus le voir, ni l’entendre me soulage et m’apaise, entendons-nous bien. Pour autant, parfois, je ne peux m’empêcher de trouver cela étrange, voire dérangeant vis-à-vis des enfants. Il est sorti définitivement de ma vie dés qu’il a su pour mon « autre ». Nous sommes devenus comme des inconnus, pire encore, comme des étrangers l’un pour l’autre. Ce qu’il fait ou devient m’est égal et vice-versa. Dans le flot de la vie qui coule, tout cela paraît normal. Quand je fais une pause, je me dis que même si c’est mieux ainsi, cela reste comme une anomalie. Nous sommes parents et donc responsables des mêmes enfants… mais nous ne pouvons même plus parler d’eux ensemble (ce qui complique la gestion des crises de mon grand notamment).

     

    Cet autre, mon autre, est lui aussi devenu peu à peu, « un autre ». Après l’avoir vu et idéalisé pendant des années, je le vois maintenant dans une autre de ses réalités. Pendant 7 ans, j’avais beau chercher, je ne lui trouvais aucun défaut. Je ne voyais que le meilleur de lui-même et notamment l’aspect professionnel que nous partagions, avec cette admiration que je lui portais. C’est maintenant dans la routine du quotidien, que je le vois tel qu’il est. Et j’ai traversé / traverse encore, une période de désillusion qui n’est pas si facile à gérer. Ses défauts n’ont rien d’affolant, et d’autres qualités encore apparaissent et adoucissent mes journées quand il est là. Mais il faut que je me raisonne parfois. Il faut que je me secoue en me disant « ce n’est pas grave, ce n’est pas important, personne n’est parfait, toi la première ! ». Je lutte parfois, parfois pas. Il m’arrive de me laisser aller à vivre « à côté » pour prendre une respiration. Quand je suis avec les enfants ou dans ma famille, je ne ressens pas le manque. Je suis comblée d’amour filial, familial et cet autre amour, pourtant essentiel, ne me manque pas beaucoup tant que je suis entourée. Et puis il y a tout ce qui faisait que ce « quotidien à deux » devait être si merveilleux : nous aimons sortir, aller au resto, au ciné, partir en week-end, voyager. C’est à travers ce que nous avions tout juste commencé à partager que ma vie de couple devenait enfin celle que j'avais toujours attendue. Cette vie de couple devenue aujourd’hui celle de deux vieux amants, enfoncés dans le moelleux de leur canapé. Moi qui ai souffert toute ces années du côté casanier de mon mari, me voilà à devoir supporter (ok, comme tout le monde je sais) une vie casanière imposée dont je ne vois plus le bout, comme si j’avais été condamnée à ne pas pouvoir profiter de la vie comme je l’entends et l’attends depuis tout ce temps.

     

    Et puis, il y a mes enfants. Que je ne vois qu’une semaine sur deux. Ils construisent leur vie, grandissent et je ne connais qu’une toute petite partie d’eux. Une grosse moitié reste dans l’ombre. Connaître ses enfants n’est déjà pas une évidence, car ils ont tellement d’autres facettes qu’on ne partage pas, qu’on ne voit pas. Jamais. Mais avec cette moitié de vie partagée, même leur vie d’enfant est en grande partie floutée à mes yeux. C’est difficile de se dire qu’on ne les voit pas vraiment grandir. Cela passe si vite. Cette partie d’enfance volée à mes entrailles me rend toujours autant malade.

     

    Ma sœur, elle aussi est comme une inconnue. Pourtant si proche, si attentionnée, mais toujours discrète que je peine à la connaître vraiment. D'ailleurs, elle s'est séparée de son mari… pour une histoire d’amour avec une fille. Si cela ne m’a pas choqué, cela reste encore un mystère de se dire qu’on peut être si proche d’une personne et ne pas la connaître, ne rien avoir vu venir. Ils étaient si amoureux. Le couple idéal. Comme quoi, en réalité, cette idée là n'existe pas.

     

    Toutes ces personnes, si proches, ne sont pourtant que des inconnus. Des inconnus familiers. Mais des inconnus quand même. Notre propre être nous est parfois étranger. Qu’il est difficile d’apprendre à se connaître, à se comprendre soi-même… C'est le travail de toute une vie. Alors finalement, c’est une évidence que l’autre, les autres, resteront toujours des inconnus. Notre seul vrai compagnon de vie, c’est nous-même. On est seul, même entouré, on reste toujours seul face à la vie…

     


    3 commentaires
  • N'abandonne jamais

    Séance de méditation guidée aujourd'hui. A un moment, il faut visualiser une ligne du temps avec notre passé et notre futur. Je l'imagine me traverser, le passé derrière moi et le futur droit devant. On nous demande d'imaginer dans un an un objectif, même si on le considère comme impossible à atteindre. Je me vois, dans une maison au bord de la mer, avec mes enfants à mes côtés, heureuse, sereine, souriante et apaisée.

    Je me mets à pleurer tant c'est beau et me paraît pourtant inatteignable. On nous demande alors de nous retourner, et de nous adresser à notre moi d'aujourd'hui - celle là même assise sur le rebord de son lit, en train de méditer et d'avoir froid aux pieds - et de lui murmurer un conseil.

    La phrase qui me vient immédiatement à l'esprit est "n'abandonne jamais". Je me le répète en boucle. Et je sais que, même si tout ne dépend pas de moi, je suis sur le bon chemin. J'ai aujourd'hui un job qui me permet de travailler d'où je veux, donc du sud si je veux, un amoureux prêt à me suivre et une famille qui m'attend.

    Un jour, ce rêve se réalisera. Même si ce n'est pas dans un an, dans 5 ans ou dans 10 ans... Un jour ce rêve se réalisera.

     

     


    5 commentaires
  • Happy New Year :-) !

    Une nouvelle année redémarre, et, comme le dit ma fille de 8 ans, rien n'a changé ! Télétravail quasiment 5 jours sur 5 pour moi, pas de reprise possible des cours de danse, pas de sorties resto/ciné et encore moins de perspective de voyages... Je suis quasiment auto-confinée et je crains qu'on ne soit pas sortis de tout ça avant des mois.

    Côté relationnel avec le papa de mes enfants, toujours aussi tendu. Il refuse de payer sa part de certains frais et refuse toujours de me parler. Il trouvera toujours un moyen de me faire chier. Toujours. Toute ma vie. Alors il faut que j'apprenne à lâcher prise.

    Aussi, j'ai noté une citation que je me répète pour m'aider à passer à autre chose et j'ai envie de la partager avec vous, si elle peut aider certains d'entre vous aussi : "Sois sélectif dans tes batailles, parfois la paix vaut mieux que d'avoir raison".

    Je crois que le secret avec lui mais aussi dans mon boulot, réside là. Ne plus chercher à démontrer que j'ai raison et m'en foutre pour pouvoir enfin profiter de tout ce bonheur à portée de mains : des enfants en pleine santé que j'aime plus que tout, un amoureux amoureux fou de moi, une douce et grande maison, une famille formidable, et un boulot stable.

    Je vous souhaite à tous une douce année. Voir le beau dans le quotidien, se laisser surprendre par la vie, par la nature, par la couleur du ciel, un sourire, un regard, une caresse et tout ce qui fait qu'une journée peut-être très belle si on y prend garde.

    Et si je me prend à rêver un peu, j'espère de tout coeur pouvoir reprendre une vie sociale et partir en week-end, voire même, soyons fous, au moins une fois en voyage cette année !

     

    HAPPY NEW YEAR !

     


    1 commentaire
  • Confinement 2

    Je n'ai pas à me plaindre des conditions de mon confinement. Pour autant, je sens que ça commence à peser sur mon moral. Ne voir quasiment personne, sortir uniquement deux fois par semaine seulement, une fois pour faire mes courses, et la seconde pour suivre mes séances de kiné et une fois tous les 15 jours avec les enfants pour une balade d'une heure au parc voisin... Ca fait pas beaucoup d'interactions avec le monde extérieur. Quand je sens le moral flancher, je me reconnecte à ma réalité, à la chance que j'ai d'avoir un boulot qui continue de me nourrir (à défaut de m'éclater, car en ce moment, c'est un peu moyen côté challenge), de vivre dans une maison avec jardin, d'avoir des enfants en pleine santé. Mais bon, malgré tout je me sens fatiguée, avec cette sensation de ne faire QUE TRAVAILLER. Ca vous le fait à vous aussi ?

    Alors pour 2021, je me souhaite une année de plaisirs / loisirs personnels intenses : j'espère pouvoir enfin reprendre la danse, faire plus de chant peut-être, voyager si c'est possible et tout du moins prévoir tout un tas d'escapades et de petits-week-ends, parce que là, j'étouffe un peu.

    Y'a pas à dire, je n'aurai pas imaginé devoir passer autant de temps chez moi. C'est pourquoi je suis si heureuse d'avoir tenu bon, et d'avoir pu gagner le droit de racheter ma maison. Je m'y sens bien et je m'en réjouis.

    Cette fois, mon amoureux confine avec moi les semaines où je n'ai pas les enfants et il vient aussi deux ou trois soirs dans la semaine où ils sont avec moi. C'est un soulagement de voir que le courant passe bien entre eux.

    Quant à l'ex, il ne m'adresse plus la parole depuis au moins un mois, depuis qu'il sait que mon amour fait partie de ma vie et de celle des enfants. Je m'en moque, mais je trouve cela tellement puéril. Nous ne pouvons même plus avoir de discussions au sujet de la semaine des enfants pour faire un passage de relais constructif. Tant pis. Du coup, je me dis que je vais appeler plus souvent pour prendre des nouvelles directement auprès des enfants. C'est pas plus mal.

    Je vous souhaite une bonne fin de confinement, en espérant que cela soit le dernier.

    A très vite.

     


    3 commentaires
  •  

    Reveal

     

    Depuis quelques mois, c'est vrai, je ne viens plus trop par ici. Après le confinement, il y a eu le télétravail, l'arrêt des déplacements, un changement de responsable hiérarchique, et puis les vacances, et puis la rentrée… Rien de notable. Juste la vie qui coule. Plein de moments de rien, de petits bonheurs, le plaisir de retrouver une vie plus apaisée.

    A la rentrée, j'ai décidé de présenter mon Namour aux enfants. Et depuis… j'attendais la vague déferlante qui n'allait pas manquer d'arriver quand leur papa apprendrait la nouvelle.

    Pas manqué… Hier soir, ils se sont croisés en voiture. Les enfants l'ont reconnu et ont dit à leur papa que c'était mon ami, qu'ils s'étaient vu etc... Dans la foulée, j'ai reçu deux textos incendiaires. Et à l'instant, je ferme la porte sur la grosse déferlante. Car il s'est permis de venir me donner des leçons de morale, chez moi. Alors même que j'étais en train de bosser.

    La discussion a été houleuse. Mais je l'ai envoyé se faire foutre. Je refuse catégoriquement de me plier à ses injonctions qui consistent à dire qu'il ne veut pas que les enfants le voient, qu'il ne veut pas le croiser ici dans cette maison etc. Je lui ai bien fait comprendre que de son côté, alors que nous étions tout fraîchement séparés, il n'a jamais tenu compte de mes demandes de ne pas fréquenter l'autre avec les enfants, que c'était trop tôt… Il n'en a jamais rien eu à faire, sous prétexte qu'il n'était pas arrivé à ses fins et qu'il ne se passait soit disant "rien du tout".

    Maintenant c'est son tour. Son tour d'avoir le cœur qui bondit chaque fois qu'il entendra son nom dans la bouche des enfants, chaque fois qu'il imaginera les enfants passer du temps avec cet autre, chaque fois qu'il pensera à ce "tableau de famille recomposée".

    Et en plus, dans cette maison. Celle qui l'a poussé à revenir vers moi, à me proposer de recommencer, juste pour la récupérer.

    Ca le fait bien chier.

    Il est reparti un peu calmé après avoir vidé son sac.

    J'espère juste qu'il ne va pas se mettre à monter la tête des enfants pour les retourner contre le Namour. Parce que jusqu'à présent, ça se passait très bien. Ca a intérêt de continuer comme ça.

    Promis, j'essaie de ne pas mettre 5 mois avant de revenir poster quelques nouvelles ici :-)

     Des bisous à tous.

     

     


    4 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires