• Confinement J+?

    Confinement J+?

     

     

    Je ne sais plus trop quel jour nous sommes. Avec les vacances scolaires et le chômage, c’est un peu le week-end tous les jours depuis une semaine. J’ai arrêté de compter les jours, les semaines. Je me contente de les traverser. Jour après jour. Heure après heure. Les repères habituels s’estompent doucement. De nouveaux repères, de nouvelles habitudes s’installent progressivement : prendre le temps de respirer en regardant le paysage, de se poser, de dormir (le bonheur absolu pour moi qui ne suis pas du matin) découvrir le yoga et ses bienfaits pour moi, prendre du recul sur les choses de la vie, tenter de lâcher prise avec les enfants et cet autoritarisme dont je me sens obligée de faire preuve pour qu’ils m’écoutent, me laisser déborder, chercher l’équilibre, ne pas le trouver encore… Mais se sentir sur la voie… en espérant que ce soit la bonne.

     

    Jusqu’à présent cet arrêt forcé sur image m’a fait le plus grand bien :

     

    Je peux enfin profiter pleinement de mes enfants quand ils sont là et ainsi mieux gérer le manque de la semaine qui suit (même leur faire cours me plaît malgré le stress et les contraintes que cela crée). 

     

    Je mange enfin plus équilibré et mon ventre a naturellement dégonflé. Moins de stress, plus de légumes. Terminé les sandwichs sncf, les petits déjeuners copieux de l’hôtel, les burgers sur le pouce et les frites de la cantine. J’ai même arrêté progressivement de boire du lait (sans lactose) le matin. Ce que je fais depuis 45 ans. C’est dire !

     

    Avec l'arrêt de tous mes déplacements, je profite enfin de ma maison. Je crois que je ne suis jamais restée aussi longtemps chez moi sans sortir. Avant, au bout de 3 jours chez moi, j’étouffais. Aujourd’hui, je me sens bien chez moi. Ça me conforte dans l’idée que j’ai bien fait de m’accrocher à cette maison. J’y suis bien. Elle, c’est moi. Une extension de moi. Mon cocon.

     

    J’ai enfin stoppé la course effrénée contre le temps que je menais, j’ai enfin arrêté de remplir mes semaines pour revenir à cet état naturel d’oisiveté dont je me sens plus proche en ce moment. En fait je suis ce contraste dans tout. Besoin de moments d’oisiveté (que je n’avais plus vraiment) et besoin de moments intenses, remplis, d’activités. Besoin de solitude (ne voir, ni ne parler à personne du tout) et besoin de socialisation, de voir du monde grouiller autour de moi, d’échanger, découvrir de nouvelles personnes et personnalités tout le temps. Besoin de temps pour moi. Besoin de me consacrer aux autres.

     

    J’adore mon boulot et je me suis toujours impliquée à fond. Mais découvrir que là, finalement, ni mon travail, ni mes collègues de boulot ne me manquent. Absolument pas. Ressentir à quel point leur contact est factice. Ressentir à quel point ils sont faux, creux, et sans intérêt. Je savais déjà qu’ils étaient égo-centrés. Mais là… C’est le summum de l’indifférence. Dans les deux sens.

     

    Je suis ce contraste. Cette vague qui monte, qui déferle et s’écrase au bord du rivage.  Je suis un tout complexe que j’ai toujours eu du mal à décoder. J’ai toujours eu du mal à trouver l’équilibre car j’aime souvent les situations contraires et j’ai du mal à me « définir », me positionner, dire mes préférences. Je ne suis pas linéaire. Je suis tout le contraire. C'est ce qui fait que j'ai parfois du mal à savoir qui je suis et ce dont j'ai besoin. Car je n’ai jamais vraiment besoin de la même chose, du même genre de vie tout le temps, ni même au cours d'une journée. C'est pourquoi mon équilibre est fragile. Mais le comprendre, l’expérimenter, l’analyser, ça m’aide à comprendre qui je suis. Ca m’aide à m’accepter telle que je suis. Accepter ces hauts, ces bas, ces montagnes russes émotionnelles qui m'agitent depuis toujours.

     

    Donc voilà… Pendant un mois et demi je me suis sentie bien. Très bien même si je mets de côté le stress lié à la situation sanitaire et aux questions que je me pose sur « l’après tout ça ». Cet état de bien, de décompression a même duré très longtemps par rapport à mes habitudes.

     

    J’ai apprécié ce repos, cet arrêt sur image et tout ce que je viens de vous décrire. Mais là… Je sens la vague monter en moi. Le besoin de voir la mer est un signe, un signal que ça ne va pas. Je pleure soudainement et sans raison depuis hier. Souvent pour des choses très bizarres comme une soudaine reconnaissance pour toutes ces personnes qui donnent de leur temps sur les réseaux sociaux pour partager leurs expertises, leur compétences. Ou alors une inquiétude soudaine. Ou encore une fatigue molle m’envahir et le pleur en mode décompression surgit d'un coup d'un seul (je viens d’être malade une journée, ceci explique peut-peut-être cela).

     

    Je ressens le manque « des autres ». Tous les autres. Limiter mes contacts extérieurs avec trois mots échangés avec le caissier de carrefour City tous les 15 jours commence à me peser. Ne voir mon autre qu’en pointillé aussi. Alors après la vague de « bien », je sens la vague retour arriver… L’avantage c’est que là, je peux m’y préparer. Prendre une respiration. Et plonger.

     

    Bon confinement à vous tous.

     

    Portez vous bien.


  • Commentaires

    1
    Franck
    Jeudi 7 Mai 2020 à 14:31

    Un creux de vague, ca arrive forcément, vu la situation qu‘on vit depuis 7 semaines et qui pourrait encore durer selon les endroits. Accroches-toi, le meilleur est devant toi :-)
    Je te disais fin mars que je ne voyais plus nos enfants retourner à l‘école cette année. C‘est confirmé chez moi, notre maire a décidé de prolonger la fermeture des écoles jusqu‘au 2 juin minimum, et ensuite si retour il y a, il se ferait par groupes de 10 ou 12, donc il faudrait diviser la classe en 2, voir 3 groupes, en calculant rapidement, cela ferait quoi, 5 ou 6 jours d‘école pour chaque enfant maximum. Bref nous avons décidé que notre fille n‘y retournerait pas (en total accord avec son instituteur qui pense qu‘avec son niveau, elle ne perdra absolument rien).
    Ses copains et copines lui manquent quand même, vive Whatsapp pour leur parler de temps en temps :-)
    Je ne sais pas en quelle „couleur“ tu es, mais dans ma Moselle rouge vif, on n‘est pas prêt d‘être déconfinés ... :-(
    Personnellement, travailler de la maison me convient encore pour le moment, c‘est moins convivial que sur place, mais avec 2h de temps de trajet en moins chaque jour, je suis largement gagnant :-) Quand il faudra se relever à 5h15 le matin pour aller bosser, ça va piquer :-)
    Porte-toi bien et prends soin de toi et des proches que tu peux voir !!

      • titi
        Mardi 26 Mai 2020 à 18:37

        ici, reprise de l'école le 2 juin, en pointillé aussi. Au départ, je ne voulais pas remettre les enfants. Mais mon fils a tendance a décrocher et bâcler de plus en plus ses devoirs, car avec la reprise du boulot (en télétravail) on a moins de temps à lui consacrer pour l'accompagner. Alors, il bâcle. Ou refuse de travailler. Donc, un petit retour au collège, même ponctuel, lui fera du bien, même s'il ne veut pas trop y retourner. Et ma fille réclame de revoir ses copines. Donc peut-être qu'elle ira aussi quelques jours. Sinon, ça va faire très long jusqu'en septembre prochain. Ici on est passé au vert. Donc on espère que le virus circule moins. De toute façon il va falloir s'habituer. Les masques, le télétravail, toussa toussa. Bon courage à toi aussi Franck !

    2
    Bobi
    Mercredi 26 Août 2020 à 13:13
    Pfffffffff
    3
    Anne
    Vendredi 25 Septembre 2020 à 08:14
    5 mois sans aucune nouvelle sur ton blog....tout va bien titinette ?
    4
    Franck
    Vendredi 25 Septembre 2020 à 10:40

    Je me suis fait la même réflexion la semaine dernière, on espère que tout va bien !

     

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