Par Titinette1

Hier soir, une fois de plus, je suis rentrée chez moi les yeux pleins de larmes et le ventre serré, après avoir déposé mes enfants. Je lutte, mais souvent, ce sentiment de tristesse et d'abandon m'envahit subitement, pour faire place ensuite à de longues heures de mélancolie.
Je préviens mon autre, qui me rejoint, que je ne suis pas de la meilleure humeur qui soit. Pensant peut-être me remonter le moral, il arrive tout feu tout flamme, en me disant "prends ton ordinateur et prend rendez-vous pour la vaccination ! Allez, vas-y ! Comme ça on pourra bientôt aller au restaurant".
Je n'avais pas la force de discuter, de débattre. Bien entendu je me suis posée comme tout le monde la question de la vaccination. Et bien entendu j'envisageai de le faire quand mes déplacements redeviendraient obligatoires pour une présence à notre bureau parisien plus fréquente. Mais je pensais attendre la rentrée, étant donné que pour l'instant, je ne vois personne ou presque et que je ne pars pas non plus bien loin cet été.
Vidée de toute mon énergie, je me suis exécutée et mes deux rendez-vous sont fixés. Et quelques minutes après, je me suis sentie... dépossédée de moi-même. Comme si à nouveau j'avais laissé quelqu'un d'autre décider à ma place de quelque chose d'important dans ma vie. Ce n'est pas que je ne veux pas me vacciner, mais je voulais décider quand et me laisser encore un peu de temps pour voir comment les choses évoluent d'ici septembre. Je n'ai aucun facteur de risque et je n'ai pas encore cinquante ans, donc la vaccination pour ma "catégorie" vient tout juste de s'ouvrir et je ne me sentais pas "pressée" de prendre rendez-vous.
Je ne sais pas trop quoi faire avec cette sensation bizarre. Je sais que si je lui en parle, il va se vexer. Je ne peux rien lui dire qui pourrait ressembler même de très loin à un reproche car il se braque immédiatement. Tiens, hier soir par exemple, quand il a voulu mettre la table sur la table basse du salon et que j'ai dit "non, je préfère manger sur la table de la salle à manger" il s'est braqué et m'a répondu vertement "ce n'est pas la peine de te mettre en colère", alors que je n'étais pas en colère du tout, juste ferme et décidée car je venais juste de nettoyer et ranger mon salon.
Alors si je commence à lui dire que je n'ai pas apprécié sa façon de m'imposer la vaccination parce que lui-même vient de se faire vacciner et que hop hop hop, à moi de suivre. Je ne sais pas. Quelque chose m'a dérangé dans cette façon de faire.
La seule chose qui pourrait me réconforter : qu'il organise quelques jours de vacances à l'étranger cet été. Parce que là, oui, en effet, j'aurai besoin d'avoir été vaccinée avant l'été.
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