• Rupture à retardement


    10h40 ce matin. J'ai tenu 1h en arrivant avant de me connecter à Yahoo. Et puis, j'ai à nouveau cédé. Ce sera la dernière fois... Je ne le savais pas encore.

    12h30 Connectés comme à notre habitude sur Yahoo, je tend une perche que je n'aurais peut-être pas dû... Je spécifie dans mes statuts « dispo et seule au buro ;-) ». Quelques minutes après, Petit prince attrape la perche et m'envoie un message pour savoir s'il pouvait passer me voir, besoin de parler. Je l'attends, fébrile et inquiète aussi. Je guette par la fenêtre pour voir s'il arrive. Je l'aperçois. Un sourire se dessine dans mon cœur. Il avance, sonne à l'entrée. Je lui ouvre. Il entre et en quelques secondes nous nous retrouvons dans les bras l'un de l'autre. Je sens son cœur battre si fort contre ma poitrine. Je sens tout son amour et je me sens si bien dans ses bras. C'est comme un soulagement de sentir ses bras autour de moi, ses mains dans mon coup, dans mes cheveux... Une respiration. Notre étreinte dure de longues minutes. Silencieuses et douces. J'ai tellement envie de sentir mon cœur à moi aussi battre aussi fort que le sien... Tellement envie. Je le sens s'agiter un peu, bien sûr. Battre un peu plus fort. De telles retrouvailles ne peuvent pas me laisser de glace, heureusement d'ailleurs. Mais il ne bat pas aussi fort que ce que j'aurais aimé... Encore une fois. Ma déception est là je crois...

    A ce moment là j'aurais voulu lui dire moi aussi « ni mot, ni sourire, juste te serrer dans mes bras ». Mais je sentais bien qu'après 5 semaines de silence, une explication allait être nécessaire. Je n'ai jamais quitté personne. Je suis mal à l'aise. Un sourire nerveux m'échappe. Il l'interprète mal bien entendu. Il a l'impression que je me moque de lui.

    Petit Prince, jamais je ne me suis moquée de toi...

    Il est mal. Si mal. Si désespéré de m'avoir perdu. Evitant mon regard, des larmes plein les yeux. Du désespoir partout sur lui, en lui. Son obsession : comment j'ai pu tout arrêter si soudainement entre nous. Du jour au lendemain. En quelques minutes. Avec cette impression que je me suis servie de lui quand ça allait mal dans mon couple et que je l'ai jeté quand les choses allaient mieux. Faux. Mais comment lui faire comprendre ? Cela faisait un petit moment que les choses allaient un peu mieux avec mon Homme. Et je n'avais pas envie pour autant de le quitter, lui. Difficile, très difficile, de lui dire que, même s'il y a probablement un lien de cause à effet, ce n'est pas uniquement à cause d'un mieux être à la maison que je l'ai quitté, mais bien aussi parce que j'ai senti, dans un moment très furtif de lucidité, que mes sentiments n'étaient pas aussi forts que les siens. Et que, compte tenu de la situation déjà complexe, ça ne servait à rien de continuer dans ces conditions. Même si je trouvais beaucoup de plaisir et beaucoup de bonheur à nos rencontres et à nos échanges... On aurait probablement pu en partager encore beaucoup... Mais à quoi bon ?

    Je me dis que ce serait plus facile pour moi de justifier mon abandon par un désir de reconstruire mon couple. De lui dire que je l'ai aimé. C'est en partie vrai. Mais pas totalement honnête. Je reste assez distante. Je ne verse pas une larme. Je bafouille, je cherche mes mots. Je suis minable. Je me sens minable.

    13h30 Il n'y a plus de mots. Rien que des maux. Il me dit « je ne sais pas ce qu'on dit dans ce genre de situation. Je suppose que je dois te souhaiter d'être heureuse ». Je lui répond que j'aimerais sincèrement qu'il trouve le bonheur... Il répond « Je l'avais trouvé ».


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