• Lui

    Crise. Colère. Puis souffrance.

    Toute la nuit passée à s’expliquer, à parler de divorce, de vente de la maison, de garde des enfants.
    « Pourquoi ne m’as-tu pas quitté avant de me tromper ? Pourquoi lui ? Comment as-tu pu alors qu’il est si moche ? Tu as franchi la ligne jaune, moi je n’aurai jamais fait ça !»

    Pour finir par conclure que non « je ne peux pas vivre sans toi, je ne veux pas te perdre ».

    Moi

    J’assume sans ciller. Je reconnais tout. Je ne culpabilise pas. Je ne m'énerve pas. Je parle calmement de divorce, de séparation. J’explique pourquoi je ne suis pas partie. Qu'on ne part pas "comme ça" pour un autre avec qui on ne sait même pas si ça va coller. J’explique que dans ma tête, j’étais déjà partie depuis l’histoire avec « l’autre » et que je ne suis revenue que pour des contraintes matérielles, un bébé, un boulot qui m’a bouffé toute mon énergie pendant 6 mois…

    Je dis que je suis prête à partir maintenant. Que je ne regrette absolument rien et que cela m’a redonné confiance en moi. Que cela devait finir par arriver à force d’être ignorée depuis si longtemps dans ce que je suis au plus profond de moi. Je fais une liste à la Prévert de tout ce que j’ai encaissé pendant 20 ans : la vie ici, les week-ends seule passés à m’ennuyer ferme, notre vie rythmée par le foot, ses comportements odieux quand je suis malade, ses gueulades permanentes, son absence pendant la période d’amniocentèse, son attitude consistant à nier ma dépression pendant sa « relation » avec l’autre etc… Que lui a dépassé la ligne jaune d’une autre façon mais bien plus d’une fois.

    Je dis que je ne veux plus de cette vie. Que cette vie m’emmerde. Que je suis arrivée au bout du chemin. Game over.

    Lui

    « Je ne me rendais pas compte. Je comprends tout le mal que je t’ai fait. Je te demande pardon. Laisse-moi une dernière chance. Je te promets qu’on va changer de vie, je te promets d’être un mari attentionné désormais. Je n’ai jamais connu un modèle d’harmonie dans la vie de couple (cf. ses parents), mais ça va changer maintenant. Je t’aime et je n’ai ni haine ni rancœur pour ce que tu as fait, même si ça me fait mal».

    "L’autre"

    « Tu n’es pas heureuse dans ta vie, si tu dois partir c’est maintenant. Il n’est pas fait pour toi, ce qu’il lui faut c’est la coiffeuse du village. Si tu pars, je te promets d’être là à tes côtés. Par contre, si tu décides de lui laisser une dernière chance, on ne pourra plus continuer à se voir ».

    Moi

    Je suis bien d’accord. Je sens que si je dois partir, c’est peut-être le bon moment. Mais je ne sais pas comment je vais réagir en rentrant de mon séjour à Paris. J’ai du mal à ne pas lui laisser cette dernière chance. C’est mon mari, le père de mes enfants… Il ne sera jamais parfait mais je ne peux pas lui claquer la porte au nez. J’y crois encore un peu ? Je suis trop naïve ? Certainement. Chassez le naturel, il revient au galop me murmure à l’oreille ma conscience avisée. Mais je sens déjà que je ne saurais pas dire non à cet appel là…

    "L’autre"

    Une dernière soirée magique. Il a réservé un restaurant sur les toits de Paris. Je suis face à la tour Eiffel qui scintille de mille feux. J’ai des étoiles dans les yeux. Repas au champagne. Discussion à bâtons rompus. On est bien…  Fin du repas. Des envies de se croquer. Il sort une  boite, un petit mot à l’intérieur et me donne son cœur. Sa lettre se termine sur ces mots « Cet espoir ne me donne alors qu’une seule envie, dans le cas où le destin, ton choix, nous emmèneraient sur ce si beau chemin : te demander ta main pour ce demain car depuis que je t’ai rencontrée, j’ai de plus en plus hâte de vivre avec toi le premier jour du reste de ma vie… Je t’aime ».

    Moi

    Je lis sa lettre. Je ne ressens pas le bouleversement que je devrais ressentir - je pense-  si j’étais amoureuse. Je n’ai pas le cœur qui s’emballe. Je n’ai pas envie de pleurer. Peut-être parce qu’au fond de moi je sais déjà que c’est notre dernière soirée, qu’il ne peut pas en être autrement puisque je dois d’abord aller jusqu’au bout des choses avec mon mari et qu’il n’est donc pas possible de continuer. Je lui dis que c’est bien trop tout ça. Que je ne peux pas…

    "L’autre"

    Il ne montre pas qu’il est effondré. Mais je le sens. Il passe la nuit à me regarder. Nous ne ferons même pas l’amour une dernière fois. Juste des heures enlacés, les yeux dans les yeux. Et au petit matin, il s’en va le regard baissé, fermant la porte sur notre histoire le cœur plein de larmes.

    Lui

    Il guette mon arrivée, vient m’aider à sortir ma valise de la voiture (ce qu’il n’avait jamais fait). La table est mise, les enfants sont douchés. On mange tous ensemble. Il m’annonce qu’il arrête le foot. Que ce n’est pas compatible avec notre nouvelle vie. Que nous allons ainsi pouvoir faire plein de choses les week-ends. Il se dit presque soulagé d’avoir pris cette décision. Il dit redécouvrir ces derniers jours ce que c’est qu’aimer. Il dit qu'il a une idée pour ce week-end.

    Moi

    Je ne me sens pas effondrée de ne plus voir mon autre. Je sens au fond de moi qu’un jour il sera probablement de nouveau sur ma route. Peut-être différemment. Peut-être pas pour vivre ensemble, mais qu’il  ne sera jamais bien loin. Je sens cependant un poids sur mon cœur car je le sens mal. Je sais qu’il doit se sentir mal et je le ressens. J’ai des images de lui qui me viennent tout au long de la journée et je souris au souvenir de tous ces merveilleux moments que nous avons partagés. Mais je ne pleure pas. Je n’ai pas mal. Je suis heureuse de tout ce que nous avons partagé. C'était vraiment merveilleux, mais c'est terminé.

    J’ai le sentiment d’être sur ma route, de suivre mon chemin, d’avoir pris la bonne décision.


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  • ...qui croyait prendre.

    Le temps vire à l'orage. Acte manqué plus ou moins. Envie d'en sortir probablement. Situation insupportable. J'ai fini par laisser une trace plus qu'explicite.

    Passé sa première réaction de colère légitime, je suis curieuse de savoir ce qu'il va proposer. Ou pas.

    En attendant, l'orage va être compliqué à gérer cette fin de semaine avec la réception familiale qui s'annonce...

    Bref, comme disait pépin... On y est là.

    Et on fait quoi ?

    je ne sais plus trop.

    Sensation de poids sur le coeur pour le moment.
    Aucune envie de pleurer.
    Petit sourire de satisfaction de l'avoir entendu tourner toute la nuit : non je ne cherchais pas à me venger, mais se dire que désormais il ressent ce que j'ai ressenti pendant 6 mois, quelque part, ca me fait plaisir qu'il puisse enfin comprendre directement par lui-même.
    Peur de tout perdre et de faire une connerie si je pars.
    Peur de rater "ma chance" si je reste.
    Pas envie de le consoler.
    Pas envie de me justifier, ni de me défendre. Je sais c'est pas joli, mais à force, ne devait-on pas finir par en arriver là ?

    Je dissocie totalement "l'autre" de tout ça.

    Je n'arrive pas à me dire "chouette, maintenant je vais pouvoir vivre mon truc à fond avec lui". Je n'arrive pas à me dire si c'est important ou pas pour moi d'envisager quelque chose de l'ordre de l'avenir avec cet autre. J'étais plutôt dans le carpe diem jusqu'à présent.

    Je me dis qu'il faut peut-être que je mette cette histoire en stand by le temps de régler le reste, tout le reste.

    C'est encore un peu flou, comme si j'avais rêvé ou plutôt cauchemardé tout ça.


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  • Mon coeur s'emballe de jours en jours, mon esprit se connecte au sien, mes mains appellent les siennes.

    Et soudain, hier, je me sentais comme avec un ami. Simplement comme avec un ami.

    Mon regard sur lui n'était subitement plus le même.

    Mon désir semblait s'être endormi.

    Des images de mon mari se substituaient à la sienne quand je fermais les yeux.

    C'est comme si cette sensation d'amour s'était envolée, absorbée par celle qui a ressurgie la veille. Cette sensation d'angoisse et de jalousie, ravivée par quelques images TV de femmes blessées par un mari volage. Images qui ont fait ressurgir ma douleur.

    Douleur qui a effacé le reste, tout le reste.


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  • Il est si...
    Doux
    Tendre
    Attentionné
    Intelligent
    Prêt à tout pour me donner le sourire

    Que je n'en reviens pas.

    Non, le prince charmant n'existe pas.

    Tout cela ne durera peut-être pas.

    Mes émotions peuvent s'évanouir demain.

    Et tout ça n'aura servi à rien.

    Mais il est si doux, si tendre, si attentionné...

    Que je n'en reviens toujours pas.


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  • Certains jours, j'arrive à oublier ce doute insidieux qui ressurgit au moindre comportement déviant de ses habitudes.

    Certains jours, le doute refait violemment surface, pour un rien.

    Je me demande si mon "plan" va fonctionner, moi qui ne suis pas trés douée avec l'envers du décor côté informatique.

    Je croise les doigts pour que cela fonctionne, mais je ne suis pas pressée de replonger dans cette spirale destructrice.

    Parfois je me dis que je ne vais peut-être rien trouver et que je me suis fait des films, et je me dis "tant mieux", espérant retrouver la paix dans mon âme.

    Certains jours, je me demande ce que je vais faire de tout ça si je ne trouve rien. Faut-il que je parte en psychothérapie ???

    Parfois, j'ai presque l'impression d'espérer trouver quelque chose pour que la blessure me donne la force d'aller jusqu'au bout et d'enfin parvenir à tourner la page.

    Souvent, je me demande si je vais supporter psychologiquement et physiquement de découvrir quelque chose. Je ne suis pas certaine d'avoir la force... J'ai déjà tellement souffert. Alors devoir attendre jusqu'à l'été prochain pour réagir (pour des questions pratiques car tant que les gros travaux ne sont pas terminés, il sera impossible de vendre la maison...), je ne suis pas certaine d'avoir la force.

    En attendant, je prends mon temps, mais pas trop. Je laisse la rentrée passer avec son lot de rendez-vous à fixer, de courses à faire, d'activités à reprendre, bref la reprise. Et d'ici quelques semaines... Je mettrais mon plan en route. Croisons les doigts pour que cela fonctionne et que je sois rapidement fixée ensuite.


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