• J'ai la sensation de me lasser, un peu, déjà... Cet autre amour est en ce moment plus proche de l'amitié amoureuse que de la passion. De mon côté en tous les cas. Pour lui, c'est limpide : je suis la femme de sa vie, nous sommes complémentaires, faits pour vivre ensemble. Et c'est vrai que nous nous complétons bien, que je n'ai jamais rencontré un homme qui me comprenne si bien, qui m'accepte telle que je suis, qui m'apaise autant et avec qui je puisse tout partager.

    Pour autant, ma quête d'amour est aussi synomyme d'émotions, de frissons que je ne ressens que trop peu. Je suis peut-être trop vieille ou trop fataliste ou trop réaliste pour les frissons. Je me suis tellement blindé le coeur ces dernières années... J'essaie de partager cela avec lui. Il répond que je suis ainsi, faite de hauts et de bas et que j'ai probablement besoin de tomber pour remonter, comme sur un grand huit. Ca ne l'effraie pas, car il ne garde que ces moments où nous touchons à la passion.

    En parallèle, j'essaie de trouver un nouveau rythme à la maison, de faire plus de choses pour moi, de profiter plus des enfants... Il y a tout un tas de vieux rêves qui m'ont fait souffrir que j'ai laissé sur la route et qui ne me manquent plus. Notamment au niveau professionnel. Reste à travailler encore sur moi sur le plan personnel. Et même là, je commence à laisser derrière moi cette frustration de vie dans le sud. Probablement parce que j'ai "mon autre" ici. Mais pas que... En ce moment, je n'ai tout simplement plus envie de rien. Les rêves se sont évanouis... Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne chose, mais c'est ainsi.

    Quant à l'homme, je sais qu'il ne changera jamais vraiment au fond. Mais il progresse, lentement, très lentement, sur le chemin qui lui permet d'ouvrir son coeur et de partager son amour avec moi au lieu de le garder jalousement. Il n'aura certainement jamais assez de toute une vie pour atteindre le quart de ce que sait déjà m'offrir mon autre. Mais ses efforts me touchent et m'émeuvent parfois.


    2 commentaires
  • Il est des jours comme ça, comme celui-ci, comme aujourd’hui… Des jours où ce sentiment diffus d’angoisse m’envahit doucement, discrètement, jusqu’à peser de tout son poids sur mon cœur fatigué. Je ne sais pas pourquoi, quel événement, quel mot en est à l’origine. Je ne sais pas pourquoi maintenant, mais c’est ainsi. Je me lève avec cette curieuse nausée de tout, avec cette lassitude collante dont je ne sais comment me défaire. Elle est là. J’essaie de sourire, mais j’ai envie de pleurer. Je regarde le verre à moitié plein, mais je ne le vois pas vraiment. J’essaie de me réjouir du moindre détail heureux, mais la pluie, le gris et la fatigue me harcèlent.

    Peut-être parce que dés que j’essaie d’être simplement moi, ça ne colle pas. Dire ce que je suis, ce que je pense, ce que je ressens en contradiction avec ses attentes, provoque systématiquement une attitude agressive de sa part que j’ai du mal à supporter. Avouer que, oui, les travaux actuels ne m’intéressent pas. Et alors ? Seul le résultat compte et je n’ai plus envie de faire semblant de m’enthousiasmer d’une journée entière passée à déverser des seaux de béton dans des trous. Pour lui, c’est renier ses efforts. Pour moi, c’est juste en avoir assez de tout ça et vouloir concentrer mon attention sur autre chose « en attendant que ça se termine enfin », si ça se termine un jour, ce dont je commence sérieusement à douter.

    Je regarde ma vie et je me sens au bord du précipice. Faut-il continuer ainsi ? La récompense de tous ces efforts, ces années de sacrifices viendra t’elle enfin ? J’idéalise certainement. La vie dans le genre « petite maison dans la prairie » n’est de toute façon pas vraiment faite pour moi, bien que je l’appelle de tous mes vœux, parce que c’est un modèle auquel je suis attaché, ancré dans ma peau, dans ma tête. Et pourtant en parallèle, j’entends le chronomètre tourner, l’horloge afficher les heures, les jours, les années qui défilent, gâchée à attendre en vain un tas de choses auxquelles j’ai fini par renoncer. Se dire que toutes ces choses existent pourtant, sont possibles peut-être, mais qu’il faudrait pour cela faire encore des sacrifices, franchir de nouvelles barrières, s’affranchir du poids des convenances… pour n’être pas certaine de trouver au bout de tout cela ce que j’espère vraiment. Alors à quoi bon ? Mon angoisse est là. Elle se balance entre deux mondes, deux vies, deux envies contraires. Vivre un bout des deux, mais aucune à fond, au fond, ce n’est peut-être pas la meilleure solution…


    5 commentaires
  • Prévoir une séance de hammam avec une copine un mois avant pour que l'homme soit disponible pour garder les enfants. Se retrouver finalement avec les beaux-parents dans les pattes puisque l'homme a du aller jouer au foot (alors qu'il est censé avoir arrêté et ne faire que quelques matchs pour dépanner. Pas de bol, ce samedi, il fallait "dépanner"). Se confronter à un mur d'incompréhension quand je dis que cela ne me convient pas. "Pourquoi donc puisque je ne t'empêche pas d'y aller, je me débrouille pour que les petits soient gardés non ?".

    Profiter de nos soins, mais culpabiliser ensuite de prendre un peu plus de temps que prévu pour faire quelques boutiques avec ladite copine. Rentrer et gérer les deux enfants qui s'excitent. Ruminer un petit coup et perdre tout le bénéfice de ce moment de détente en quelques minutes. Recommencer... C'est un enfer ou bien c'est moi qui exagère ?


    5 commentaires
  • Grâce à lui, j'apprends à mieux me connaître. Mes hauts et mes bas, sont intimements liés à ma personnalité toute en contrastes. Grâce à lui, j'apprends à mieux m'accepter. Même mes doutes, je peux les apprivoiser. Un jour il est l'homme idéal, le lendemain un simple ami. Mon coeur bat, puis se tait. Plus je monte haut dans l'émotion, plus la chute est rapide. C'est ainsi. Ca ne l'étonne pas. Ca ne le fait pas souffrir. Il m'accepte telle que je suis. Mes hauts nous font partager de doux instants de fusion, mes bas lui donnent envie de me reconquérir sans cesse. Je complète sa propre personnalité, qui a besoin de se confronter à des changements perpétuels pour rester éveillée. Il s'ennuie face à des personnalités trop lisses. Avec moi, il est servi. Je change d'envie, d'avis, de besoins sans cesse. J'aime et je me lasse dans une même journée.  Je suis ainsi. J'en ai beaucoup souffert à force d'essayer de me stabiliser, de lisser les choses pour moins déranger. Aujourd'hui je suis de plus en plus moi... Et c'est beaucoup grâce à lui.


    1 commentaire
  • L'équilibre. Juste et fragile. Fébrile. Ce n'est pas un fil tendu sur lequel je marche lentement. Plutôt des hauts et des bas, des envies, de l'amour à l'indifférence, du désir physique au désir intellectuel, du besoin de se serrer très fort au besoin de respirer, s'éloigner, prendre l'air... Il ne voudra probablement pas que cela dure et se cristallise ainsi. Je suis, dit il, la femme de sa vie. Alors je savoure. Et je me dis parfois, tant pis... Tout est une question de timing dans la vie, et notre rencontre n'est pas arrivée tout à fait au meilleur moment. Même s'il n'y a pas de moment idéal quand il s'agit de toute façon de détruire une vie pour en bâtir une autre. Il saura probablement être patient dans son impatience. Mais je ne suis pas certaine, comme il l'est lui, que je ferai un jour ma vie à ses côtés. Même si je sens bien que ma vie serait alors plus douce, plus riche, plus pleine. Elle serait aussi plus compliquée pour de simples questions d'organisation familiale. Je ne suis pas prête à ne voir mes enfants qu'une semaine sur deux. Je ne suis pas prête pour vivre avec un autre. Je ne suis pas prête pour, après tant d'années de serrage de ceinture, renoncer une fois de plus au confort alors que nous commencons à peine à sortir la tête de l'eau. Pour moi, passe encore. Mais pour les enfants, je n'arrive pas... Pas encore. Peut-être ne serais-je jamais prête. Il faut que je me fasse aussi à cette idée. J'ai choisi une route, et j'ai besoin d'aller au bout de cette route avant de pouvoir trouver un autre chemin. Reste à savoir combien de temps je vais cheminer encore...


    votre commentaire