• Cauchemar

    C'est une horreur, un arrachement du coeur... Les juges ont tranché en sa faveur. Ils n'ont pas voulu se mouiller. Garde alternée.

    Pour l'instant, je ne sais rien officiellement. Mon mari a reçu l'information et le document de son avocat, à la date prévue et s'est donc empressé de m'en informer pour mettre en place ce mode de garde.

    Voilà 3 jours de mon côté que j'attends un signe de mon avocate. Et je ne sais toujours rien, malgré une relance de ma part et une tentative de la joindre, sans succès.

    C'est un cauchemar... Je sais que je vais reprendre le dessus car ce ne sont que des "mesures provisoires" (qui restent malgré tout annonciatrices de la suite) mais là, laissez moi sombrer dans les larmes. Ne plus voir mes enfants que la moitié du temps, ne plus les voir grandir, devoir rester ici, loin de mon travail et de ma famille... c'est un peu trop pour moi.

    Je suis effondrée.

    Je suis épuisée de pleurer depuis 3 jours.

    Et en plus je suis seule tout ce week-end...

    Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. James Dean


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  • Bientôt le verdict

    Un mois est quasiment passé. Nous devrions avoir la réponse des juges pour les "mesures provisoires" dans le courant de la semaine.

    De mon côté, j'ai passé beaucoup de temps à profiter de ma maison et à me rendre compte combien j'apprécie d'y vivre depuis qu'il n'est plus là. C'est assez incroyable comme sensation. Je me suis transformée en fée du logis, je range, je trie, je mets de l'ordre, j'embellis... Je m'approprie réellement cet espace. Il ne se passe pas une semaine sans que je me dise combien ma maison est belle, moi qui ai choisi chaque carrelage, chaque peinture, chaque meuble, chaque objet de déco... Même mes plantes poussent mieux !!!

    Aussi, je me dis que si je devais rester vivre ici, rester dans ma maison et réellement en profiter avec mes enfants serait un bonheur. Je m'y sens bien. C'est beau, c'est grand, c'est lumineux et j'ai trouvé pour l'instant des solutions à tous les problèmes d'entretien / bricolage en faisant appel soit à des copains dévoués, soit à des professionnels aux tarifs raisonnables.

    Moins je vois le futur ex-mari, mieux je me sens. Mais le croiser toutes les semaines d'une manière ou d'une autre reste systématiquement pour moi soit une source de stress, soit une source de tristesse. L'autre jour, croisé par hasard alors que je discutais avec une copine par exemple... Il se mêle à la conversation. Puis je pars et je suis prise subitement d'un sentiment profond de tristesse et de gâchis. Une larme m'échappe avant que je ne me reprenne. Mais faire face à cette indifférence quand on a partagé 24 ans de sa vie avec quelqu'un et se trouver presque face à un inconnu, c'est une sensation que je ne souhaite à personne.

    Donc si je pars, loin, loin d'ici... Mais ne brûlons pas les étapes. Déjà, j'instille doucement dans mes conversations avec les enfants la possibilité que peut-être nous ne resterons pas vivre ici, que ce serait bien de vivre près de chez papi et mamie, au soleil, près de la mer, que peut-être un jour... Peut-être. Ils n'ont pas l'air totalement contre même s'ils ne réalisent pas vraiment.


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  • Le début de la bataille ouverte

    Attendre seule, dans la salle des pas perdus. Croiser le futur ex-mari qui détourne le regard. Faire semblant de ne pas se connaître, de ne pas se voir. Batailler avec mon  avocate qui joue les Divas, vexée que j'ai insisté pour qu'elle soit là ELLE et pas sa collaboratrice que  je n'ai jamais rencontré. Se sentir désespérement seule en ce moment compliqué.

    Passer devant les juges. Ne rien dire ou presque vu que je n'ai pas pu exposer à mon  avocate ce que j'avais l'intention  de raconter. Donc, se taire... Attendre les plaidoiries. Lui qui essaie de me faire passer pour une maman indisponible pour ses enfants à cause de mon boulot. Mon avocate qui annonce la couleur avec une possible mutation.

    Devoir attendre un mois maintenant pour connaître la tendance avec les mesures provisoires qui seront proposées.

    Et n'avoir aucune visibilité sur la stratégie à suivre pour conduire le projet de déménagement jusqu'au bout.

    Je suis encore et toujours dans le brouillard.

    Mais je me répète inlassablement que "lorsque rien n'est certain, tout est possible, tout est possible...".


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  • Echos

    Quelques jours après avoir reçu ma lettre, j'ai reçu un message de "mon Ange" :

    "MERCI. Je suis super déçu mais je ne t'en veux pas. Disons que maintenant on est quitte. Mais sache que ça ne change rien envers mes sentiments pour toi. Tu resteras toujours la femme de ma vie et n'oublie jamais que je serai toujours là pour toi. Règle tous tes problèmes, fais la paix avec les gens qui t'aiment et avec toi-même... et qui sait ? Je t'embrasse."

    En parallèle, "mon Autre" et moi avons doucement repris contact. Sa présence dans ma vie adoucit ma peine. Au-delà de l'amant, il est l'ami qui me connaît mieux que moi-même, celui qui a changé celle que  je suis en m 'aidant à me révéler à moi-même, tout doucement. Nous avons chacun besoin de la force de l'autre pour supporter les difficultés que nous traversons. Il ne sera peut-être pas l'homme avec lequel je partagerai physiquement ma vie, mais je n'ai jamais autant partagé ma vie avec un autre homme. Cela ne se vit pas dans le quotidien. C 'est une relation différente de tout ce que j'ai connu. Et nous avons construit notre univers... Unique. Une amitié amoureuse qui va au-delà de la vie à deux.


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  • Deuxième tentative... L'attirance est toujours là, mais une fois encore quelque chose me dérange. Après quelques heures passées ensemble, nouvel accrochage. Je suis partie subitement, reprenant ma liberté à cet homme qui dit m'aimer mais qui ne sait pas faire preuve de patience...

    J'ai ressenti le besoin de lui écrire une lettre manuscrite, comme à mes 15 ans, pour lui faire part de mon désarroi, m'excuser et prendre congés... et en même temps je me sens terriblement triste de cette fin en queue de poisson alors que cela aurait pu être une si jolie histoire...

     

    Mon Ange,

    J’ai envie de commencer par ces mots, car c’est ainsi que je t’appelai quand j’avais 15 ans. Tu as été, tu es et tu resteras mon Ange, mon premier amour, unique, inexplicable, intense et profond. Jamais je n’ai aimé si fort et probablement que je n’aimerai plus jamais aussi intensément.

    Quand nous nous sommes retrouvés, j’ai imaginé que cet amour pourrait renaître de ses cendres. Et c’est vrai que ce magnétisme entre nous existe toujours, persiste et restera certainement aussi unique, puissant et inexplicable… pour toujours.

    J’aime toujours autant glisser mes mains sur ta peau, poser mes lèvres sur les tiennes, sentir tes mains me serrer contre toi… Je ressens toujours cette émotion, cette attirance, cette envie de toi… Mais je sens aussi chez toi une forme d’intransigeance, d’exigence d’équité, une forme de dureté…. Quelque chose de trop éloigné de la bienveillance, la patience et le partage… qui sont pour moi des composantes essentielles de l’amour.

    Je suis profondément triste d’être partie ainsi, si vite. Je ne m’y attendais pas moi-même. Je n’ai jamais réagi comme ça et cela me met mal à l’aise. Mais cela a été plus fort que moi, un besoin de me protéger, de me préserver de cette attitude blessante pour moi, un besoin de me préserver alors même que je suis en ce moment encore plus fragile que d’habitude. J’ai ressenti un profond malaise que j’ai eu besoin d’évacuer très vite, car je n’ai pas la force de gérer ce genre d’émotions négatives en ce moment.

    Je ne suis qu’émotion et empathie. Et je ressens tout très fort. Probablement trop fort. Mais je suis faite ainsi. Et si toute la douceur, la tendresse, l’émotion et le désir que j’ai voulu partager avec toi ne suffisaient pas à te satisfaire en ces premières heures de retrouvailles, je ne pouvais pas rester… Je n’ai pas compris ce qui te dérangeait, ce que tu attendais de moi « en plus ». Probablement quelque chose que je n’ai pas, ou que je ne suis pas. Je n’ai pas compris ce que tu voulais que je te donne de plus pour que nous puissions construire, tranquillement, dans l’intimité notamment, une relation de plus en plus profonde et durable. J’ai senti dès la première fois une forme de défi, d’attente, de frein et d’exigence qui ne ressemble pas à ce dont j’ai besoin pour pouvoir m’épanouir et partager encore plus de douceur, de tendresse et d’amour. Je ne me reconnais ni dans la comptabilité des bûches de bois, ni dans des relations sexuelles « donnant-donnant ». Chacun apporte des choses différentes, à sa façon. Et l’amour se construit doucement. Il me faut du temps pour donner tout ce que je suis capable de donner. Du temps pour me dévoiler. Du temps pour me laisser apprivoiser.

    Mais il est aussi certainement encore trop tôt pour moi pour me projeter sérieusement sur le long terme. J’ai d’abord besoin de traverser l’épreuve de cette double séparation et de me reconstruire une vie à mon  image avant de pouvoir construire une « vie à deux », une vie qui ressemble à mes aspirations de toujours. Même si les bribes de moments « en famille » que nous avons partagé étaient formidables et que je n’aurai pas pensé me sentir aussi à l’aise dans ces conditions, le futur que nous imaginons chacun de notre côté n’est pas tout à fait le même.

    Aujourd’hui, j’ai juste besoin de me sentir soutenue mais libre. Libre de choisir ma vie. J’ai trop longtemps agi pour satisfaire les besoins des autres. Je ne peux pas continuer ainsi. C’est une question de survie et d’épanouissement.

    J’ai  encore beaucoup  de chemin  à faire pour trouver la paix. Beaucoup d’émotions à gérer, de problèmes à régler. Toi, tu as déjà fait ce chemin. Tu sais ce que tu veux. Tu es totalement libre, libéré de tout ça. Tu es prêt. Moi je suis encore en pleine tourmente, je ne suis pas encore prête…

    J’espère que tu me pardonneras un jour, comme j’ai su te pardonner ta fuite il y a plus de 20 ans… parce qu’à l’époque, c’est toi qui n’était pas prêt. Peut-être que nos vies se croiseront à nouveau un jour et peut-être que ce jour-là, nous serons prêts tous les deux. Ou peut-être que nous avons tout simpement tous les deux idéalisé cet amour et cette attirance qui nous lie…

    Quoi qu’il advienne, je reste très émue, très touchée par tout ce que tu m’as dit. Ce que nous avons partagé, même furtivement, sont des moments qui m’ont fait du bien. Certaines de tes paroles m’ont « réparée » de cette vieille blessure que j’ai toujours trainé avec moi. Et ces retrouvailles ont été magiques, surréalistes et inattendues. Mais manifestement, je ne saurai pas te donner ce que tu attends…

    Je te souhaite de trouver une femme qui saura… Tu le mérites. Et tes enfants n’attendent que ça… « le début d’une nouvelle vie »….

    Je t’embrasse tendrement, avec toute cette tendresse qui  m’anime quand je pense à toi.

    Ta Titi.

     


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