• Méprisable


    Je n'aime pas ce que je suis en train de devenir. Une fille complètement frustrée,
    obsédée par le chiffre en bas de sa fiche de paie, sans cesse en train de
    comparer ce chiffre à celui de ses autres collègues de travail. Bien entendu,
    l'attente interminable, l'impatience frémissante, l'investissement illimité de
    ma petite personne dans ce boulot depuis octobre 2005, les promesses, les
    entretiens professionnels sans cesse repoussés, les fins de mois, certes
    bien moins difficiles qu'avant mais pas folichonnes non plus, les
    imprévus dans les travaux qui vont nous demander de lourds investissements dans
    les prochains mois... Tout ça mis bout à bout fait que, zut, j'attendais beaucoup
    de ces nouvelles responsabilités qu'on venait de me proposer.<u1:p>

    </u1:p>Mon directeur national, tout sourire, m'apprend qu'il a enfin reçu une
    réponse concernant mon augmentation, mon changement de poste et de statut. Il
    m'annonce tout sourire qu'il s'agit de la « plus grosse augmentation du
    groupe ! ». Mouais, j'attends de voir concrètement. Je demande clairement,
    mensuellement à quoi cela correspond. Et là, surprise, il s'agit tout juste, à
    trente euros près, du montant promis au moment de l'embauche mais « pas
    tout de suite au bout de 5/6 mois lors de la prise officielle de vos fonctions ».<u1:p>

    </u1:p>Un peu K.O, je réplique « OK. Mais ça, ce n'est pas une
    augmentation pour moi, c'est simplement la régularisation du salaire qui
    m'avait été promis à mon embauche et que j'attends donc impatiemment depuis
    mars dernier »

    Lui « ah ? Ah bon ? Mais je n'étais pas au courant de cette
    histoire de régularisation. ».<u1:p>

    </u1:p>C'est ça... « Et bien disons que j'essaie d'avoir un entretien avec
    toi à ce sujet depuis mars et que je n'ai pas eu l'occasion d'évoquer ce point
    dans le détail avec toi. Je pensais cependant que tu étais au courant des
    négociations salariales et de ce qui m'avait été proposé car j'ai aussi passé
    un entretien d'embauche avec toi et que j'imagine que ton collègue as du
    t'informer de sa proposition avant de m'en parler et que j'accepte le
    poste ». (en plus, on en avait rapidement parlé en septembre, avant qu'il
    ne me propose officiellement le poste national et j'avais déjà rappelé mes
    "prétentions initiales").<u1:p>

    </u1:p>Lui « merde, tu dois être déçue alors. Tu devais t'attendre à 100,
    200 euros de plus ». Ben oui, coco, et encore je ne suis pas
    exigeante (on parle en brut).<u1:p>

    </u1:p>« Oui, mais là, maintenant, je ne peux plus rien faire. C'est soit
    cela te conviens et tu acceptes, soit tu refuses et tu pars ».<u1:p>

    </u1:p>Ben voyons. « et concernant la rétroactivité ? » (ben
    quoi, qui ne tente rien, après tout, on en avait parlé) .<u1:p>

    </u1:p>« Heu... Je vais en reparler pour voir si on peut faire quelque
    chose. » C'est ça. Et calcule bien. Je perds virtuellement 300 euros bruts
    par mois depuis mars dernier, alors t'as intérêt à faire un effort si tu veux
    que je reste un brin motivée.<u1:p></u1:p>

    Bref. Je me retrouve avec des responsabilités nationales avec un salaire encore
    largement inférieur à tous mes collègues locaux. Si c'est pas ridicule comme
    situation... <u1:p></u1:p>

    Je sens une profonde démotivation là depuis vendredi. C'est normal ?

    PS : et la meilleure, que je vous ai gardé pour la fin. "Tu sais, moi je
    préfère que tout le monde gagne bien sa vie hein. Mais dis moi, ton mari, il
    travaille non ? Vous avez bien deux salaires ?". Moi "Heu... Oui. Je
    ne vois pas ce que ça vient faire là, mais oui, ça va, je ne suis pas à <st1:PersonName productid="la rue. Ceci" w:st="on">la rue. Ceci</st1:PersonName> dit, il gagne
    encore moins que moi alors on peut pas dire que je sois une femme entretenue.
    Ceci étant dit, je pense qu'en dehors de toute considération personnelle, je
    mérite largement ce salaire"(faut arrêter de nous faire croire qu'on nous
    fait toujours des fleurs).

    C'est quoi cette façon de s'inquiéter du salaire de mon homme, hein ? Putain,
    on a encore du boulot nous les femmes, je vous le dis...

    Je me sens juste épuisée là. J'ai la sensation de devoir pédaler deux fois plus
    que les autres pour atteindre mes objectifs. Depuis toujours, je dois
    travailler, travailler, travailler beaucoup plus que les autres pour arriver au
    même point, que ce soit dans les études ou au boulot. Et là, ça se confirme une
    fois de plus. Je dois être vraiment bidon, ou je ne sais pas, limite idiote
    peut-être. Ou trop gentille. Trop bonne... trop...


  • Commentaires

    1
    Lundi 22 Janvier 2007 à 13:02
    Trop conne?
    Démissionne.
    2
    Lundi 22 Janvier 2007 à 13:17
    Facile à dire...
    ... Tschoky chou. Mais franchement, ils te prennent pour des cons. "Ton mari bosse ?"... Ca veut dire quoi ? Que si nos hommes gagnent super bien leur vie, nos compétences ne méritent pas un salaire ? Grrrrr.... Titi, tu me passes son numéro, à cet abruti, que je lui explique la vie ?
    3
    Lundi 22 Janvier 2007 à 13:43
    Bonjour Titinette,
    D'accord avec Angy... Courage !
    4
    roger
    Lundi 22 Janvier 2007 à 14:42
    c'est eux les trops cons
    courage, luttons !! lol, tu te retrouves le cul entre deux chaises : soit tu baisses les bras manière de leur faire comprendre qu'ils abusent, et alors la prochaine fois, y'aura pas d'augment ; soit tu continues comme si de rien n'était, et ils penseront que tu es satisfaite... pfff, les managers, des fois ça vaut rien... Moi j'ai mon entretien annuel mercredi, et je sens que moi aussi je vais être déçu...
    5
    titi
    Lundi 22 Janvier 2007 à 15:01
    J'ai une troisième solution
    qui ravirait mon mari. C'est peut-être le moment où jamais de me mettre à pondre... Tschok : je ne gagnerais pas mieux ailleurs de toute façon. Dans le coin, les opportunités dans ma branche sont rares. Angy et frenchmat : merci pour votre soutien ! Roger : j'ai clairement exprimé ma déception. Même si je vais essayer de continuer à faire au mieux mon boulot, j'ai explicitement dit que je n'étais pas satisfaite de cette situation.
    6
    Lundi 22 Janvier 2007 à 16:33
    et lui a cet abruti
    ca femme bosse?? !!!!!!!!!! qu'il demissionne et te laisse sa place héhé ;)
    7
    CC
    Lundi 22 Janvier 2007 à 16:46
    Terrible
    ouai, c'est une triste réalité le "ton mari bosse"...Ma chérie est elle aussi considérée comme un "complément de salaire", dans son job...ridicule, débile, révoltant...Comme tu dis, on a encore du boulot, nous les femmes...Bises, Titinette...et courage
    8
    Lundi 22 Janvier 2007 à 18:03
    on ne demande pas une augmentation
    on la négocie.
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