• Lettre d'adieu

    Je relis ces mots. Ses mots. Mon trésor. La plus belle lettre d'amour qu'on m'ai jamais écrite...

    Mars 2004

    Ma Princesse,

    "On fonce droit dans un mur, droit dans un mur, droit dans un mur". Voilà comment commençait ta lettre, il y a maintenant presque 6 mois. Des mots pleins de bon sens, qui marquaient pourtant le début de la plus belle histoire que j'ai vécue. Disons que cette lettre scelle tous les merveilleux moments que tu m'as donné. La boucle est bouclée...

    Je suis partagé entre deux sentiments ce soir, après t'avoir revue. Rassuré et triste. Rassuré que les ponts ne soient pas coupés entre nous, que l'on va continuer à converser par e-mail et même de vive voix, que je vais à nouveau entendre quelquefois, la sonnerie particulière de mon portable annonçant un appel de ta part. Mais aussi triste à l'idée que rien ne soit plus pareil entre nous, que les beaux jours ne nous verront plus étendus sur une couverture au soleil, que mes lèvres n'effleureront plus les tiennes, qu'il faudra me retenir lorsque je te prendrais dans mes bras. J'arrête là, je pourrais en énumérer encore des dizaines. Et mon nœud dans l'estomac se rappelle à mon bon souvenir...

    Jeudi dernier, au lendemain de notre dernier rendez-vous, je voulais effacer toute notre correspondance, ces quelques 1700 e-mails échangés en à peine plus de 5 mois. Je n'ai pas pu, pas le courage. Alors je les ai lus et relus comme pour me remémorer l'évolution de nos sentiments. Tes premiers mails qui se terminaient par de simples « bisous », puis, progressivement sont apparus les « bisous xxx » agrémenté ensuite par quelques « X » ;-)

    Notre escapade à la campagne ensuite, notre première coupe de champagne, notre première sortie tel un vrai couple. Cet après-midi passé sur un tronc d'arbre, au soleil. Et mes mains qui devenaient de plus en plus aventureuses. Ton e-mail le surlendemain, m'annonçant que tu avais réservé ton billet de train pour ce week-end à la mer. Xxxx, ça a été la découverte du corps de l'autre, un pas supplémentaire vers plus d'intimité. Sentir ton corps à mes côtés. Le point de départ de nos rendez-vous coquins. Et puis surtout la découverte d'une titi différente de celle que je croyais connaître. Loin d'être timide ;-) Mais quelle tendresse ! Cette tendresse que j'espérais tant et tant trouver auprès d'une femme depuis des années. Elle était là, devant moi, et je n'avais rien vu.

    Ma première crise ensuite. Le début d'un début de prise de conscience de la situation. Mais il était déjà trop tard, je tenais trop à toi. La dessus arrivent les vacances de noël. Le véritable tournant de notre histoire de mon point de vue. Une séparation très dure à supporter, à laquelle se sont ajoutés mon angine et tes problèmes de dos. Et tes larmes lors de nos retrouvailles, qui m'ont fait chavirer, et tes mots qui me disaient que je t'avais manqué. A ce moment, mes sentiments à ton égard ont redoublé d'intensité. Tu devenais définitivement ma Princesse, tu l'es encore aujourd'hui et tu le resteras pour toujours. Puis cette semaine passée au parc, sur une couverture au soleil. Et déjà les premiers préparatifs de ces 4 jours à l'étranger qui mèneront à ce mal être.

    Voilà rapidement résumé cette merveilleuse histoire. Oh, j'ai certainement oublié quelques moments, occasions qui t'auront marquée plus que moi. Mais je vais être clair : chaque minute avec toi a été un vrai bonheur. Le bonheur de te prendre dans mes bras, de me noyer dans tes yeux, de t'embrasser, d'explorer ton corps. Le bonheur aussi de nous découvrir tant de points communs.

    Autant de raison qui m'ont fait rêver. Le rêve de toi et moi, ensemble, au grand jour. Je t'emmène loin de cette région que personne n'a réussi à te faire aimer, je te ramène à côté de la méditerranée, de ces vagues qui font briller tes yeux, tes beaux yeux bleus. J'ai envie de découvrir cette région à ton bras. Je marche sur la plage à tes côtés, sous le soleil couchant. On rentre ensemble, chez nous, dans cette maison provençale qui te tente tant. Alors forcément, j'ai envie de construire ma vie avec toi. Et quelle plus belle déclaration, pour moi, que de faire un enfant. Voir ton ventre s'arrondir, y poser ma tête, guettant le moindre mouvement, un petit coup de pied.

    Tu es la seule femme que j'ai rencontré qui m'ait donné cette envie de paternité. Et avec toute la tendresse que tu renfermes, je suis aussi certain que tu ferais une très bonne mère... Je ne vais pas plus m'étendre sur le sujet, un peu trop sensible pour moi, et je ne veux pas te mettre mal à l'aise.

    Il est minuit, j'ai commencé cette lettre il y a plus de deux heures. Je l'ai relue plusieurs fois, et à chaque fois, les larmes emplissent mes yeux, à la lecture de ces moments perdus, ou de mes rêves inaccomplis. Elle est totalement décousue mais j'ai jeté les mots comme ils me venaient. Je l'ai relue, tout comme la tienne, que j'ai précieusement gardé, ainsi que les trois poèmes écrits en pensant à moi, et notamment l'envie d'aimer. "envie de te serrer très fort () envie de te dire des mots doux (), envie de m'envoler, de m'évader, de m'enfuir avec toi Envie de tout brûler, recommencer" Recommencer, recommencer. Tout recommencer. Remonter dans le temps, m'apercevoir de tes coups d'œil, te remarquer enfin. Et peut-être tout aurait été différent...

    Je pourrais t'écrire toute la nuit encore. Tant de choses à te dire, à vouloir partager. En écrivant ces mots, je jette un œil en même temps à l'émission xy et à minuit trente, je t'imagine aussi sur ton canapé, à regarder, écouter Jean-Marc expliquer sa vie de SDF. T'imaginer... C'est un peu ce à quoi je vais être réduit. Difficile à imaginer après toutes nos étreintes et câlins.

    Je vais finir en revenant sur ton poème L'envie d'aimer. Il se termine par ces mots : le bonheur après tout, c'est quoi ? Et bien pour moi, le bonheur ça a été tous ces jours depuis ce 19 septembre, à penser à toi sans cesse, en me réveillant le matin, en me couchant le soir.

    Il y a aussi ces mots : l'amour n'existe pas. Jusqu'à l'année dernière, je ne l'avais pas rencontré. Et puis tu es arrivée dans ma vie. Et l'amour a pris forme, humaine. Mais à la lecture de ces mots désabusés... A cause d'eux, je m'étais promis de ne pas me livrer à toi, de ne pas te dire mes sentiments, de m'en tenir à ces « je t'adore ». Seulement, si j'en reste là, je sens qu'un jour je le regretterai. Ce n'est pas une dernière tentative, un dernier baroud d'honneur pour te conquérir. Tu le sais, je le sais. Ces mots, que tu vas bientôt lire, je ne les ai jamais écrits, ni même prononcés. C'est en quelque sorte un petit honneur que je te fais ;-) Je ne voulais pas te les dire, alors que tu ne croyais plus en ces sentiments. Mais tu seras la première à les lire. Quand à celle qui la première les entendra... J'ai rêvé que ce soit toi. Je terminerai donc cette lettre par ces mots

    Je t'aime y.

    Petit Prince.


  • Commentaires

    1
    Ange
    Jeudi 7 Octobre 2004 à 15:18
    J'avais pas vu ce post...
    Titi, arrête, tu te fais du mal...
    2
    Charmeur
    Jeudi 7 Octobre 2004 à 23:51
    Poignant...
    ... surtout si c'est sans espoir, impossible...
    J'ai un peu vécu ça, et depuis 4 ans, certains mots sont impossibles à dire... seul un "je t'adore" arrive à sortir...
    Et pourtant, on rêve toujours de vivre ça, c'est si beau même si ça fait si mal...
    3
    heaven
    Vendredi 8 Octobre 2004 à 03:47
    sans commentaire
    j'etais pas dans un jour de rechute, voila j'y suis...
    4
    L'alchimiste
    Vendredi 8 Octobre 2004 à 12:52
    Une bien...
    ...belle histoire.
    5
    J.
    Mardi 12 Octobre 2004 à 18:16
    je viens seulement de découvrir ce post...
    ... et je me demande... qu'est ce qui a fait barrage dans votre histoire ? Je suis peut être jeune, fleur bleue, mais quand deux êtres ressentent ça, pourquoi s'en priver ? Cela fait des mois maintenant que votre histoire est finie, mias vous vous cherchez toujours dans cette fameuse boite, dans la rue... Je n'étais pas encore arrivée sur bloggland lorsque tu parlais de ton histoire avec petit prince. Pourquoi ça n'a pas marché ? Bises
    6
    titinette
    Mercredi 13 Octobre 2004 à 11:54
    réponse à J
    Comme dirais Ange, probablement que je l'aimais, que j'aimais ce que nous partagions, les moments passés ensemble mais je n'étais peut-être pas vraiment amoureuse à 100%. Il était devenu un peu trop étouffant. Si je n'avais pas été mariée, moins de questions, nous aurions suivi un chemin différent. Mais ce que je ressentais pour lui n'était pas assez fort pour que je plaque tout pour lui. J'ai eu un raz le bol de cette situation. C lui que j'ai plaqué. Mais malgré tout, c vrai qu'il me manque encore.
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