• Leçon de vie

    J'ai repris la danse cette semaine. J'ai mal partout mais je me suis toujours dit que je ferais le maximum pour danser encore pendant des années, sans avoir l'air non plus d'une mamie qui se trémousse ! La danse, c'est vital pour moi. J'y retrouve le sourire. Je m'y sens bien. Et pourtant Dieu que ce premier cours fait mal. Déjà parce qu'il faut rattraper le retard par rapport à celles qui ont suivi les cours depuis la rentrée. Il n'y en a eu que deux mais c'est à croire que le professeur à fait exprès de leur en apprendre un maximum pour que les retardataires soient à la traîne ! (Je ne pouvais m'inscrire qu'à mon retour du sud, et oui, il fallait bien choisir).

    Douleurs mêlées ensuite. Celles de mon dos, celles de mon corps plein d'arthrose, et de mes muscles raidis par une absence d'activité durant tout l'été. Mais tout ceci n'est rien.

    Parmi nous cette année, une femme. Une femme que j'apprécie, que je connais un peu pour avoir discuté avec elle quelquefois, mais assez peu car elle suivait un autre cours que le mien. Une femme d'une quarantaine d'années, atteinte d'une maladie orpheline. Elle est arrivée en cours avec un appareil scotchée à la poitrine. Un appareil pour mesurer son rythme cardiaque durant toute une semaine, nuit et jour. En fin de cours, elle confie aux quelques filles restant encore là que sa maladie dégénère. Je la connais depuis trois ans environ et tout avait l'air d'aller. Son pseudo traitement, puisqu'il n'y en a pas vraiment, semblait fonctionner. Aujourd'hui, elle ne sait pas. Ni combien de temps il lui reste, ni comment les choses vont évoluer car les conséquences de sa maladie peuvent être multiples (cécité, problèmes cardiaque, déformation du visage, paralysie...). Son médecin lui conseille de prendre un mi-temps thérapeutique qu'elle refuse, lui demande de ne pas faire de sport... Mais elle est là. Parmi nous. Avec nous. Pleine de vie et de courage. Dansant avec énergie, nous racontant son état comme une simple mésaventure, avec humour et désinvolture. Elle arrive à nous faire rire. On ose à peine mais elle en rit elle-même et on voit bien qu'elle ne veut surtout pas lire de la pitié dans nos yeux. On sent bien que tout ceci n'est qu'une façade et qu'elle a mal. Elle aime la vie et c'est contagieux. Tout ce qu'elle dit me conforte dans ma vision de la vie. Qu'il faut profiter de chaque jour, chaque instant. Je le sais depuis si longtemps. Si longtemps et pourtant, je n'arrive pas à le mettre réellement en application, en dehors des quelques aventures que je m'autorise. Ca me rend folle. Comme si la capacité ou non à vivre les choses intensément était innée et que, malgré ma conscience de la mort, de la fuite du temps, de la vie qui court si vite... mon cœur reste las de tout ou presque, toujours dans l'attente d'un ailleurs, d'un jour meilleur. Je me giflerais.

  • Commentaires

    1
    linconnus
    Dimanche 26 Septembre 2004 à 16:47
    ...
    petit passage inconnu sur ton blog. http://linconnus.skynetblogs.be [...]
    2
    cleo.x
    Lundi 27 Septembre 2004 à 09:15
    Effectivement, on se ressemble
    J'ai moi-même repris la danse il y a peu, et, aïe!, j'adore!
    3
    Ange
    Lundi 27 Septembre 2004 à 09:47
    Vivre la vie...
    ... à fond, c'est aussi destructeur que de ne pas la vie pleinement. Tout est question d'équilibre. Fais les choix qui s'imposent pour te sentir 'bien' parce que tu n'a pas de temps à perdre. Mais réfléchis aussi sur la durée, parce que la vie, ca n'est pas qu'aujourd'hui, c'est demain aussi...
    4
    heaven
    Lundi 27 Septembre 2004 à 09:50
    je devrais ecouter ange plus souvent
    ca m'eviterait sans doute les lundis matins glauques des exces du week end
    5
    Angy
    Lundi 27 Septembre 2004 à 09:51
    M'écouter ?
    Faites ce que je dis, alors, mais pas ce que je fais ;-)
    6
    heaven
    Lundi 27 Septembre 2004 à 09:54
    cela va...
    sans dire...
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