• Je sais. C'est pas bien. Ils sont tous très sympa. Mais c'est viscéral. Je ne supporte pas de voir ma belle-famille tourner autour de MON  bébé. Mon mari m'en veut énormément. Evidemment. Car j'ai beau prendre sur moi, me retenir le plus possible, mais rien n'y fait. Mon agressivité vis à vis de certains d'entre-eux (notamment mon beau-père, avec lui, c'est le pompom) transparait toujours à un moment ou à un autre. Nous avons déjà passé deux "soirées salle des fêtes" avec eux ces dernières semaines (déjà que je déteste les soirées salle des fêtes...). Et les voir tous gagatiser, le toucher, l'empêcher de s'endormir calmement après son biberon parce qu'il faut lui faire des gazous gazous, lui caresser les mains, et tout et tout, ça m'exaspère. Alors forcément, il y a bien toujours un moment où ma langue, que je mords pourtant très souvent au cours de la soirée, sors un truc du genre "non, mais c'est bon là, arrêter de le secouer, il faut le laisser dormir maintenant". Ou en réponse à un "ah, c'est sûr avec tout ce bruit et cette musique, ça doit le gêner pour s'endormir", je ne peux m'empêcher de répondre un "oui mais bon, s'il n'était pas sollicité par tout le monde toutes les 5 minutes, il dormirait déjà". Je sais, c'est pas gentil. Surtout sur le ton sur lequel ça sort de ma bouche que je ne contrôle plus vraiment dans ces moments là.

    Quand j'analyse ces émotions viscérales qui me prennent au tripes, je devine ce qui me fait en partie réagir ainsi. L'éloignement de ma propre famille. Je ne supporte pas l'idée de les voir eux plus souvent que ma propre famille. Je ne supporte pas l'idée que bébé les fréquente plus régulièrement. Et puis, y'a rien à faire. J'ai beau tous les connaître depuis 15 ans, les apprécier, les trouver sympa. C'est pas ma famille. Ca ne le sera jamais. C'est ainsi. Il faut que je fasse des efforts. Pour mon homme. Mais ça me rend malade. Ca me ronge de l'intérieur. C'est un truc affreux. Je n'arrive pas à trouver l'apaisement et la sérénité face à ça. Je le pressentais déjà, bien avant que je ne tombe enceinte. Je savais que ce serait quelque chose de difficile à supporter. Et je n'y échappe pas. J'aurais bien aimé, mais non.

    Il va pourtant bien falloir que j'apprenne à gérer ces émotions. Sinon, je vais finir par me fâcher avec tout le monde. Dans le fond, je m'en moque. Mais bon, y'a mon homme...  Je comprends que ça le contrarie. La situation inverse me contrarierait tout autant. Mais je sens que ça va prendre du temps.

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  • Heureusement, il est plutôt calme et ses cris ne sont pas trop stridents. Mais j'avoue que là, je fatigue un peu. Il commence à peine à faire quelques rayons de soleil et il est temps qu'on sorte prendre un peu l'air. Il est vraiment temps... Parce que là, 1 mois et demi enfermés à la maison, sans quasiment voir personne à part la famille ou la  belle-famille, je commence sérieusement à craquer. Sans compter les quelques fois où il met deux heures, en pleine nuit, avant de bien vouloir dormir et où, comme par hasard, c'est mon tour de gérer... En ce moment, il dort de moins en moins entre deux biberons. Résultat, il réclame de l'attention en quasi-permanence. Du coup, je petit-déjeune en vitesse à midi et passe rapidement sous une douche express avant qu'il ne rattaque à chouiner et j'ai rarement le temps de manger autre chose qu'un yahourt ou un bout de fromage.

    Là, c'est juste plus possible. Besoin d'air. Bon, on a profité du week-end pour descendre dans le sud. Le trajet aller, il a dormi comme un ange. Mais le retour... Une horreur. Il l'a passé à hurler, en transpirant comme un fou. Impossible de le calmer. J'espère que ce ne sera pas comme ça à chaque fois :-( J'ai parfois l'impression que le baby blues n'a pas totalement disparu ou du moins me guette, prêt à bondir. Il faut absolument que j'apprenne à le trimballer. Mais quand je vois tout ce qu'il faut préparer pour tout juste 1h30 de pseudo liberté entre deux bibis, bouh. D'autant que le loulou, même s'il n'est pas encore trop lourd, pèse quand même sur mon petit dos. Malgré tout, il va falloir que je m'organise parce que là, je n'en peux plus. Même si "ballader avec bébé" pour faire quelques courses ne m'enthousiasme pas plus que ça (c'est tellement contraignant).

    Finalement, vivement le week-end du séminaire boulot auquel je vais finalement participer malgré mon congés maternité (il se passe pas mal de choses en ce moment. La boite est en pleine réorganisation et je me suis déjà fait souffler une place par mon cher collègue de bureau. Faudrait pas que ça se répète, même si pour l'instant, ce n'est pas définitivement validé). Ce sera l'occasion de remettre un pied dans la vie active, de prendre l'air dans un endroit sympa avec quelques activités sportives et de passer une bonne soirée avec mes collègues. Ouf. J'ai presque hâte !

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  • Le temps file à toute vitesse... Bébé a déjà plus d'un mois. Son visage a déjà changé. wIl est plutôt calme. Je pense qu'on a de la chance (pourvu que ça dure !). Erythème fessier, acné du nourrisson, petit rhume... Les premiers mini-bobos de bébé sont au rendez-vous. Des classiques. Ce qui est moins classique c'est que ce n'est pas ma belle-mère que je ne supporte plus mais mon beau-père que j'ai du mal à voir approcher bébé depuis la crise qu'il nous a fait à la maternité (je passe sur les détails, trop long à raconter). Ca passera. Ca ME passera. Enfin j'espère. Pour l'instant, ils sont en vacances, loin, et ça me va très bien.

    J'ai maintenant hâte que le vrai printemps arrive et qu'on puisse enfin "sortir" un peu. Parce que là, en dehors des visites médicales, on n'a pas mis le nez dehors depuis plus d'un mois et ça commence à faire long.

    Demain, première "soirée dehors" avec bébé. Toute la belle-famille pour deux anniversaires dans une salle des fêtes. Waouh. Je sens que je vais me régaler. Musique à fond, repas encore plus déséquilibré que ces derniers jours, les sourires et les questions de toute la belle-famille, les bras qui se tendent, les "je peux le prendre ? rhoooo qu'il est mignon". Bref, je sais à quoi m'attendre, alors je me prépare pour ne pas être désagréable et garder mon calme. Bon, en même temps, ça me fera quand même sortir un peu hein. Voyons le bon côté des choses !

    M'enfin, à part ça, il est temps pour moi de...

    - me mettre sérieusement à faire mes exercices de rééducation périnéales. Pas juste une fois tous les 15 jours, mais TOUS les jours... Pfff. C'est pour la bonne cause, je sais.

    - remettre un peu d'ordre dans la maison. Après m'être laissée porter ces dernières semaines par le repos et la recherche d'un nouveau rythme, il est temps maintenant de rattraper le retard de ménage, lessive, repassage qui s'est accumulé et qui risque d'ici peu de devenir désespérant si je ne fais rien :-(

    - me remettre à faire attention à mon alimentation et surtout me caler par rapport à bébé pour éviter de sauter régulièrement des repas ou finir par manger à 22h30, ce qui n'est pas très bon pour ma ligne que j'avais pourtant presque retrouvé. La balance affiche un kilo de plus qu'après l'accouchement, c'est pas le moment de reprendre du poids !!! Non non et non !!!

    Tiens, un rayon de soleil là... Je vais essayer d'en profiter quelques minutes... Avant de m'agripper à mon aspirateur.

    Bon week-end à tous !


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  • Je crois que cette nuit j'aurais pu l'étrangler. Des heures à essayer de le calmer. Le petit bout n'y peut rien. C'est son bidou qui le travaille mais quand on tombe de fatigue, dur dur, surtout lorsque rien n'y fait, même le prendre dans les bras, le bercer, le masser... Ca fait déjà 3 nuits comme ça. On a beau se relayer avec le chéri, c'est épuisant. Dans ces moments là, je me dis "mais qu'est-ce qui m'a pris de me lancer dans une telle galère... J'en ai pris à vie en plus, ça va être terrible". Bon, je vais profiter de son sommeil là pour aller dormir un peu...

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  • Ca y est, je suis une maman... Ca me fait tout bizarre de dire et d'écrire ça... Comme si c'était un truc totalement incongru. Evidemment, rien ne s'est passé comme prévu. Il est né avec 15 jours d'avance. Déjà pressé le petit loulou, qui ne sera donc pas un bélier finalement. Mais bon ça, on s'y attendait un peu. C'est rien. Rien du tout à côté de la suite.

    Le plus drôle, c'est certainement d'être tombée sur une sage femme qui a eu un peu de mal à mesurer réellement l'état d'avancement du travail, un personnel débordé au moment où moi je commence sérieusement à avoir du mal à respirer et qui, lorsqu'on daigne enfin venir me voir, m'annonce que le bébé arrive et qu'il est trop tard pour la péridurale. Hein ? Quoi ???? Bon évidemment, j'ai enchaîné sur une épisiotomie, alors qu'on m'avait juré craché qu'il n'y en avait que 10% dans cette clinique. Alors soit, j'ai vraiment pas de bol, soit on m'aurait menti ?

    Le plus dur, finalement, c'est encore la suite... Un bébé dont la température est trop basse, qui a du mal à gérer sa respiration et qu'on m'enlève illico pour le mettre sous couveuse.  Je l'aurais à peine aperçu et je ne pourrais vraiment le toucher que trois jours après. Mais voilà, du coup, je n'ai pas eu la fameuse "vague d'émotion intense" qui fait qu'on se sent bouleversée et tout et tout à la naissance de son petit bout. J'ai juste eu l'impression qu'on me donnait un bébé mais que ce n'était pas forcément le mien. Pour une fille super émotive comme moi, ne pas vivre ce moment unique de la vie comme un moment fort en émotions, c'est frustrant. Très très frustrant même. Comme l'impression qu'on m'a volé le moment le plus important de mon accouchement.

    J'ai parfois la sensation que tout ça, grossesse, accouchement, bébé... ce n'est pas réel. L'impression que je pourrais me réveiller et que tout ça n'a jamais vraiment eu lieu, que c'est une parenthèse que je pourrais presque fermer avant de reprendre le cours de ma vie, comme avant. Et toutes ces sensations, ces impressions, ce manque d'élan émotionnel me font évidemment atrocement culpabiliser. Je me demande si je suis normale.

    Ensuite, il y a eu les évanouissements à répétition tellement j'étais claquée, les douleurs de l'épisio et pire encore... celles des hémorroïdes. Un truc affreux affreux. D'autant plus qu'on m'a annoncé que c'était tellement sévère que j'allais certainement conserver une varice et là, je pleure et je me dis "mais pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ??? C'est vraiment trop beurk beurk beurk !!!"

    10 jours en clinique, le temps que bébé se remette d'applomb. A la fin, ça commence à faire long. Surtout quand le papa que j'avais prévenu sur ce thème, se débrouille pour se faire renvoyer à la maison parce qu'il n'a pas été foutu de venir avec un landau totalement équipé pour être attaché correctement dans la voiture. Nous étions sur le départ et me revoilà partie à attendre encore une heure, prise en otage par le service de néonathologie, le temps qu'il revienne avec un autre moyen de transporter bébé. Et quand je fais la gueule à son retour, monsieur ne se remet pas du tout en question et ne comprend absolument pas pourquoi je suis juste un peu sur les nerfs là. Je me suis juste tue. Sinon, je l'étranglais, lui, le bébé et moi après.

    Il y a ensuite le premier accrochage avec les beaux-parents, pas foutu de comprendre, alors qu'ils habitent à côté et sont à la retraite, que non, franchement, se pointer à la maternité le dimanche entre 15h et 17h alors qu'il y a déjà 15 personnes qui défilent, ce n'était pas un choix très intelligent. Et de refuser d'attendre 10 mn dans le couloir que les visiteurs précédents s'en aille avant de pouvoir entrer dans la chambre parce que "nous aussi on est les grands-parents" (rapport au fait que mes parents sont venus passer le WE pour voir le bébé, sauf que ma mère bosse encore et qu'ils habitent à 350 bornes, donc ils n'avaient pas trop le choix, c'était le WE ou rien), franchement, j'ai trouvé ça très con comme attitude. Evidemment, le chéri étant très contrarié, j'ai du m'applatir et rappeler pour "m'excuser" et les enjoindre à revenir le lundi (je ne tenais pas à avoir un chéri contrarié alors que j'étais moi-même à la limite du baby blues sévère). Alors que je n'avais qu'une envie : leur dire qu'ils n'étaient vraiment que des pauvres cons de réagir ainsi et que si ça commençait comme ça, ça n'allait pas du tout coller entre nous.
     
    Bref. Ca y est, nous sommes de retour à la maison. Bébé va bien. Le Papa est là une semaine avec moi, le temps qu'on s'organise. Les choses vont probablement rentrer dans l'ordre, au fil du temps. Mais je suis encore traversée par ces idées pesantes qu'un bébé, c'est vraiment beaucoup beaucoup de contraintes... Et j'angoisse un peu à l'idée d'être emprisonnée à la maison, d'autant plus que, vous vous en doutez bien , je n'ai pour l'instant aucune envie de confier bébé à la garde de mes beaux-parents pour avoir le temps de faire autre chose, ne serait-ce que l'espace d'une après-midi.

    J'espère que très vite, l'amour et l'émotion, le lien maternel et tout ce qui va avec prendront le pas sur le reste... Faut juste que je me repose un peu je crois. Je suis vraiment trop sur les nerfs pour le moment.

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