• Fiesta et coeur de bois

    Vendredi soir, après notre repas, notre groupe d'une quinzaine de filles prend la direction de la boite, le repère de mon Petit Prince. Ma première pensée est pour lui avant même de pénétrer cet antre, ce lieu où tout a commencé entre nous. J'ai presque envie de demander au videur de l'entrée s'il est là ou pas, pour m'éviter d'avoir à cogiter trop longtemps sur cette éventualité. Mais je n'aurais pas à attendre pour savoir. A peine entrée, un regard me fixe dans le noir. Je ne suis pas sûre que ce soit lui, il fait excessivement sombre. Mais au fond de moi, je le sais. Je tourne la tête puis regarde à nouveau et aperçois un copain de sa bande. C'est donc bien lui. Je fais comme si de rien n'était, j'attends que toutes les filles se rassemblent. Je vais devoir passer juste devant avant de pouvoir rejoindre notre table... Ma surprise est d'autant plus grande qu'avec lui, un groupe d'amis communs est là. Je n'ai pas d'autre choix que de m'arrêter pour dire bonjour. A tous. Lui y compris. Je lui fais la bise, comme aux autres, forcément. Il reste de marbre et s'éclipse aussitôt. Ne supportant pas de me voir là. Dans son univers. Je regrette presque d'être venue mais je n'ai que rarement l'occasion de faire la fête et j'avoue qu'on fond, j'avais envie de le revoir. Je le craignais aussi. Peur que ça ne me gâche la soirée. De toute façon, on vit sur la même planète. Il va bien falloir qu'on s'habitue à se croiser de temps en temps, non ? C'est vrai, jusqu'à présent nous avons fait le maximum pour nous éviter. Ca fait 4 mois que nous avons arrêter de nous voir. Difficile de s'éviter bien plus longtemps.

    De minuit trente à 3h du matin, nos regards ne se croiseront plus. Je le cherche parfois des yeux, mais je ne le vois pas ou bien seulement de dos, systématiquement. Il "m'évite". Je n'ose donc pas m'approcher pour discuter avec nos copains et le voir, le sentir de plus près. Je vide ma tête du mieux que je peux et applique le mantra d'Angy "danse comme si personne ne te regardait". Mes copines et moi avons le même goût pour les danses un peu provocantes et nous nous en donnons à coeur joie, mettant le feu sur la piste. Un couple de nos copains nous rejoint et nous dansons ensemble.

    Quand je tourne la tête, je le vois discuter avec une fille à la robe plus rouge que mes joues brulantes de sueur, puis un peu plus tard avec une blonde (il a toujours eu une préférence pour les blondes, grrr). Ca me fout un noeud à l'estomac qui ne me quittera presque pas de la soirée. Je ne peux pas boire (de toute façon, je bois peu en général), alors je me défoule encore plus, ne quittant presque jamais la piste, me noyant dans la foule. Mais de temps en temps, je sens mes jambes me lâcher, flageollantes, et presque l'envie de rentrer. Puis, à partir de 3h du matin, il a du suffisamment boire pour se sentir capable de m'affronter de loin. Il regarde régulièrement dans ma direction. Durant 1h30, nous échangeaons quelques regards. Puis arrive le moment de partir. Je m'approche du groupe et dis au revoir à mes copains. Mon petit prince est occupé à discuter avec une autre fille du groupe. Je dis "vous lui direz au revoir pour moi, je vois qu'il est occupé". Je termine mon tour. Les lumières s'allument. Je tourne la tête et le voit, planté presque seul au milieu de la piste qui se vide, me dévisageant, sans l'ombre d'un sourire. J'hésite. Prend une grande respiration et m'approche pour lui dire au revoir. Lorsque je me hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser (sur la joue) il ne bouge pas. Je comprends qu'il ne veut pas que je lui fasse la bise. Trop dur. Je me demande si certains de nos copains, juste à quelques mètres derrière moi, assistent ou pas à la scène... Je lui dis "ça ne vas pas ?". Il me tend sa main, je la prend. Me fixe sans un sourire. Et lâche un "je ne t'oublie pas". Et moi, minable que je suis en ce moment dans mes réponses, je sors un "je sais bien" que je regrette aussitôt. J'aurais voulu dire "je ne t'oublie pas non plus, on n'oublie jamais ces moments là" ou quelque chose de ce genre. Mais non. On se regarde sans un mot pendant quelques minutes puis il ouvre la bouche. Murmure quelque chose que je n'entends pas. Je tends l'oreille. Il me dit "vas t'en". Ca m'a fait mal. Je suis partie. Très vite. Sans me retourner.


  • Commentaires

    1
    Ange
    Lundi 28 Juin 2004 à 16:08
    Larme...
    ... à l'oeil. Ton récit réveille de droles de souvenirs en moi, et je réalise que ça fait encore mal. Courage. Tu l'as vu, tu sais qu'au moins, il ne te déteste pas, il souffre, au moins autant que toi...
    2
    NaB
    Lundi 28 Juin 2004 à 16:14
    Souffrance
    J'en ai presque la larme à l'oeil (sans rire). Quest ce que ces moments sont difficile. Je ne connais que trop... Lui aussi est en souffrance. Même s'il fait le cake avec d'autres filles pour tenir debout, il ne doit penser qu'a toi.
    3
    heaven
    Mardi 29 Juin 2004 à 10:45
    compassion
    Oui, meme si tu n'es en rien coupable, ca doit etre dur pour lui, dur de te voir t'amuser alors que tu n'es plus avec, de te voir sans pouvoir te toucher, sans la perspective de rentrer avec toi... On a tous vecu ca.
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