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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Ma vie ne m'appartient plus | 26 mai 2006


C’est la sensation que j’ai eue, ce matin en partant de « chez moi », laissant mon homme, son père et sa mère pour une journée de travaux supplémentaire à la maison. Je suis presque contente d’aller bosser. En fait non, pas presque. Je suis contente de partir bosser. Passer une journée de plus dans cette baraque en culpabilisant de ne pas pouvoir en faire plus de mes deux mains, devoir les regarder travailler « pour tenir compagnie », devoir les écouter s’engueler sur des broutilles, me forcer à faire la conversation au légume qui lui sert de mère… Oui, finalement, je suis bien mieux ici, à rédiger des bons de commandes et faire des photocopies (et accessoirement blogguer au passage) !

Hier encore, j’ai eu la mauvaise idée de laisser ma mauvaise humeur transparaître quand mon beau-père me tend, tout fier de lui, un tarif pour une cuisinière bien moins cher que ce que nous avons vu jusqu’à présent puisqu’il a la possibilité d’avoir des prix dans certains endroits. Sauf que le modèle n’a rien à voir avec celui que j’ai choisi. Certes, j’ai à peine regardé. Mais je ne lui ai rien demandé. La cuisine, c’est pour 2007 et d’abord « de quoi je me mêle » est la pensée qui m’a sauté dessus en premier. Même si je sais que cela part d’une bonne intention… Ce fratras de bonnes intentions m’épuise. Mon homme n’a manifestement toujours pas coupé le cordon ombilical… avec son père. Aucune décision, rien, sans le consulter avant (Même nos vacances dépendent des leurs...).

 Depuis que j’ai dit un petit « ok » pour cette maison, ma vie ne m’appartient plus. J’ai signé pour un enterrement ici. Et je comprends bien que, vu l’énergie déployée par mon homme et son père pour faire de cette ruine un palais, il est évident que ce n’est pas pour y passer deux / trois ans et basta. Il est évident que ce n’est pas pour revendre après et se retrouver dans une habitation forcément moins bien ailleurs. Certes. Est-ce vraiment le lieu qui me pose un problème ? Parfois je me dis que non. Ce n’est pas tant l’endroit. Mais tout le reste.

 

Publié par Titinette à 09:22:45 dans Double je | Commentaires (22) |