• Depuis juin, je ne vois plus mes enfants au quotidien et je continue à en souffrir. Je ne m'habitue pas. Toujours pas. Je ne m'habituerai jamais, même si je me fais confiance pour trouver un rythme qui me permette de faire passer les semaines sans eux très vite.

    Je me dis alors que partir dans le sud aurait en plus de la vertu de retrouver ma famille, le soleil et la mer, celle de me permettre de les retrouver eux, au quotidien. Une raison de plus qui s'ajoute à ma motivation.

    C'était sans compter sur les tergiversations de mon employeur. Personne ne voit d'inconvénient à ce que j'aille travailler dans le sud. Là dessus, pas de problème. Par contre, dés qu'on aborde le côté administratif de la chose pour formaliser la mutation et que je cherche à savoir quelles sont mes options, quelle sera l'issue si les juges refusent que les enfants me suivent, là... plus personne pour me répondre clairement.

    Cela fait plus d'un mois que j'attends un GO de leur part. Et la conversation entre deux portes que j'ai eu il y a quelques jours avec l'un de mes responsables me laissent penser qu'ils ne le feront pas.

    Le verdict tombe en principe à la fin de la semaine. J'ai un entretien officiel avec mes deux responsables en même temps.

    Mais leur attitude ne laisse que peu de place au doute sur leur engagement réel. Ils ne veulent pas se mettre en porte-à-faux, risquer de créer un précédent, ils craignent que mon futur ex-mari ne demande une enquête sur le bienfondé de cette mutation. Voilà ce que l'un de mes responsables m'a fait comprendre après que j'ai insisté pour connaître plus précisément sa position sur le sujet.

    Le sud s'éloigne. Ce n'est peut-être que temporaire, mais j'ai du mal à voir comment je peux franchir ce pas si je n'ai pas un soutien sans faille de leur part...


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  • Vivre sans eux...

    Voilà un mois. Un mois que nous appliquons les mesures provisoires de garde alternée. Un mois que je ne vois plus mes enfants 7 jours d'affilés une semaine sur deux. Un mois que ma fille me répète "c'est trop long jusqu'à dimanche" et pleure quand on se sépare. Et moi aussi, dés que la porte est refermée. Je lui demande d'être forte. Je lui dis qu'elle est grande et que "ça va bien se passer". Elle répète en pleurant et en hochant la tête "oui maman, ça va bien se passer". Mais que c'est dur...

    Evidemment, je remplis mes semaines de déplacements, de rendez-vous, de réunions pour combler ce vide. Evidemment, professionnellement cela a ses avantages... Evidemment, comme toutes les femmes dans la même situation, je n'en mourrai pas, je sais bien. Evidemment, on s'habitue à tout. Même au pire. Même à l'absence.

    Mais pour l'instant je ne suis pas encore "habituée".
    Pour l'instant, mon coeur s'arrache à chaque séparation.
    Pour l'instant le manque de mes petits bouts est viscéral.
    Je tire sur la corde. Je travaille. Je fais le ménage à fonds dans la maison. Je me force à sourire.

    Mais putain que c'est dur.


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  • Cauchemar

    C'est une horreur, un arrachement du coeur... Les juges ont tranché en sa faveur. Ils n'ont pas voulu se mouiller. Garde alternée.

    Pour l'instant, je ne sais rien officiellement. Mon mari a reçu l'information et le document de son avocat, à la date prévue et s'est donc empressé de m'en informer pour mettre en place ce mode de garde.

    Voilà 3 jours de mon côté que j'attends un signe de mon avocate. Et je ne sais toujours rien, malgré une relance de ma part et une tentative de la joindre, sans succès.

    C'est un cauchemar... Je sais que je vais reprendre le dessus car ce ne sont que des "mesures provisoires" (qui restent malgré tout annonciatrices de la suite) mais là, laissez moi sombrer dans les larmes. Ne plus voir mes enfants que la moitié du temps, ne plus les voir grandir, devoir rester ici, loin de mon travail et de ma famille... c'est un peu trop pour moi.

    Je suis effondrée.

    Je suis épuisée de pleurer depuis 3 jours.

    Et en plus je suis seule tout ce week-end...

    Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. James Dean


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  • Bientôt le verdict

    Un mois est quasiment passé. Nous devrions avoir la réponse des juges pour les "mesures provisoires" dans le courant de la semaine.

    De mon côté, j'ai passé beaucoup de temps à profiter de ma maison et à me rendre compte combien j'apprécie d'y vivre depuis qu'il n'est plus là. C'est assez incroyable comme sensation. Je me suis transformée en fée du logis, je range, je trie, je mets de l'ordre, j'embellis... Je m'approprie réellement cet espace. Il ne se passe pas une semaine sans que je me dise combien ma maison est belle, moi qui ai choisi chaque carrelage, chaque peinture, chaque meuble, chaque objet de déco... Même mes plantes poussent mieux !!!

    Aussi, je me dis que si je devais rester vivre ici, rester dans ma maison et réellement en profiter avec mes enfants serait un bonheur. Je m'y sens bien. C'est beau, c'est grand, c'est lumineux et j'ai trouvé pour l'instant des solutions à tous les problèmes d'entretien / bricolage en faisant appel soit à des copains dévoués, soit à des professionnels aux tarifs raisonnables.

    Moins je vois le futur ex-mari, mieux je me sens. Mais le croiser toutes les semaines d'une manière ou d'une autre reste systématiquement pour moi soit une source de stress, soit une source de tristesse. L'autre jour, croisé par hasard alors que je discutais avec une copine par exemple... Il se mêle à la conversation. Puis je pars et je suis prise subitement d'un sentiment profond de tristesse et de gâchis. Une larme m'échappe avant que je ne me reprenne. Mais faire face à cette indifférence quand on a partagé 24 ans de sa vie avec quelqu'un et se trouver presque face à un inconnu, c'est une sensation que je ne souhaite à personne.

    Donc si je pars, loin, loin d'ici... Mais ne brûlons pas les étapes. Déjà, j'instille doucement dans mes conversations avec les enfants la possibilité que peut-être nous ne resterons pas vivre ici, que ce serait bien de vivre près de chez papi et mamie, au soleil, près de la mer, que peut-être un jour... Peut-être. Ils n'ont pas l'air totalement contre même s'ils ne réalisent pas vraiment.


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  • Le début de la bataille ouverte

    Attendre seule, dans la salle des pas perdus. Croiser le futur ex-mari qui détourne le regard. Faire semblant de ne pas se connaître, de ne pas se voir. Batailler avec mon  avocate qui joue les Divas, vexée que j'ai insisté pour qu'elle soit là ELLE et pas sa collaboratrice que  je n'ai jamais rencontré. Se sentir désespérement seule en ce moment compliqué.

    Passer devant les juges. Ne rien dire ou presque vu que je n'ai pas pu exposer à mon  avocate ce que j'avais l'intention  de raconter. Donc, se taire... Attendre les plaidoiries. Lui qui essaie de me faire passer pour une maman indisponible pour ses enfants à cause de mon boulot. Mon avocate qui annonce la couleur avec une possible mutation.

    Devoir attendre un mois maintenant pour connaître la tendance avec les mesures provisoires qui seront proposées.

    Et n'avoir aucune visibilité sur la stratégie à suivre pour conduire le projet de déménagement jusqu'au bout.

    Je suis encore et toujours dans le brouillard.

    Mais je me répète inlassablement que "lorsque rien n'est certain, tout est possible, tout est possible...".


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